dimanche, 25 mai 2008

#59 L'humilité du vilebrequin

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Les mécaniciens des échoppes du quartier de Bulaq donneraient des leçons d'écologie à Jean Louis B s'ils connaissaient son existence car ils recyclent mieux que si Nicolas H était leur chef d'équipe.

Ils avalent les épaves et réparent les durites ; ils séparent les delcos des carburateurs, tressent des colliers de vis platinées et une clé à bougie ouvre la porte de leurs rêves.

A moi qui me réfère au manuel pour faire le plein de ma voiture, ils m'enseignent l'humilité.

A moi qui jette mes lecteurs mp3, mes fers à repasser et mes imprimantes à la première défaillance ils enseignent la citoyenneté.  

A+ Je vous écris quand ils me rendent mes boulons.

 

mardi, 29 avril 2008

#38 Le cimetière des éléphants

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Là le chauffeur d'un microbus plonge les mains dans les entrailles de son épave et disparaît jusqu'à la taille.

Ici le capot ouvert d'un taxi happe son conducteur. Il tripote le delco, trifouille le gicleur, trafique les bougies, tripatouille l'allumage.

Ici encore une 504 à peine trentenaire agonise.

Rue Mahmud Basyuni et partout ailleurs au Caire l'averse darwinienne décime les cohortes motorisée de la mégalopole. Survivront les plus agiles, les plus jeunes, les plus adaptés. Survivront les plus étanches.

Le déluge menace le musée permanent du Caire, les R12 sans plancher, les 404 dentelle, les Bé-èMes solubles. Elles sont venues mourir au terme d'un voyage initiatique de vingt ans. Commencé en Allemagne, en Belgique ou en France, il se poursuit en Pologne, dans les Balkans avant dix ans en Turquie et deux autres au Liban.

Du monde entier les carcasses moribondes convergent car ici plus qu'ailleurs bagnole vaut religion et il n'est pas de terre plus polluée où un moulin puisse rendre l'âme.

A+ Je vous écris quand je parviens à traverser la rue.