mercredi, 09 juillet 2008

#93 Les cancres de l'autostrade

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Ils font non avec la tête mais ils disent oui avec leur cœur aux gamins sales qui prétendent tenir leurs rênes. Attachée à leur corps par deux vilains bâtons une carriole traine une semaine d'ordure à trier ou un cageot de carottes et un gamin hirsute dont la joie de ce jour sera de laisser ses jambes pendre dans le vide et osciller au rythme des nids de poules.

Et des dos d'ânes !

Heureusement les rues du Caire pourvoient les uns et les autres pour le plus grand amusement des gamins sales.

Sous l'impulsion de leur sang, d'une mouche ou du vent, ils se précipitent sous un bus ou défient un camion tant ils ignorent les ordres de leurs maitres et la logique du plus fort ces ânes du Caire car parmi les rues à la Prévert, les sharia El-Maghraby et les sharia Abd el-Wahed, au sein du catalogue de véhicules improbables et géniaux, les stands de foul montés sur des roues de vélos, les 404 de ma grand-mère et les bus réformés, un assemblage pétaradant et fumant, paraphrase de la caravane du Tour de France, ces ânes du Caire sont assurément tout à la fois les rois et les cancres.

A+ Je vous écris quand je retrouve mon bonnet d'âne.

mardi, 08 juillet 2008

#92 Téstostérone (2)

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Je pourrais vous mentir et vous écrire que depuis un an je ne m'alimente plus que de Maalox qui avec les amphéts et le Red Bull constituent l'essentiel du talent du cadre contemporain. Je pourrais ajouter que ce régime est le produit de ma frustration au travail mais pas du tout.

Je suis sous Maalox depuis un an parce que je prends des anti-inflammatoires depuis un an.

Je prends des anti-inflammatoires depuis un an parce que je cours tous les jours depuis un an.

Je cours tous les jours depuis un an pour me libérer de ma frustration au travail.

C'est pas du tout pareil.

A+ Je vous écris quand je reprends le roller.

 

mercredi, 18 juin 2008

#80 La mode au Caire 5 - Une malle pour les males

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Quelle arrogance que de prétendre plaire à Dieu quand on refuse de plaire aux femmes ! Quels arguments possèdent les porteurs de barbe quant il leur faut prendre épouse ?

Le fashion du poil noir déboule à El Azhar depuis quinze ans : plus il est long plus il est hype. L'amas pileux dévore les joues et descend sur la poitrine. Porté avec le bonnet au crochet et le baggi de coton l'ensemble balance entre néo-grunge et kripto new-age : les dévots assument grave et l'affichent totale.

Bien sur il faut supporter les sandales ou les chaussures sans lacet -un coté punk à chien mâtiné de suppôt d'Enfant de Don Quichotte- car aller nu pieds dans les rues du Caire c'est se mortifier à la Saint François, c'est aussi prendre un risque : si chacun sait que le chemin qui mène en enfer est pavé de bonnes intentions, qui sait de quoi est pavé celui qui mène au paradis.

A+ Je vous écris quand je sais si ça gratte.

PS1: pardonnez-moi la platitude de l'illustration. Je possède une image d'un cheveu de la barbe du prophète mais au moment de la publier j'ai crains de blasphémer ; ma définition du blasphème est incertaine, que diriez vous de la votre ? Ou commence l'irrespect ?

PS2: J'ai décidé d'être interactif mais vous ne pensiez pas que j'allais vous demander votre avis sur l'usage de la présure dans la confiture, les leggings, la bouillie bordelaise, l'huile de sésame dans le foul ou le livre blanc de la défense ? Qu'en pensez vous ?

mardi, 17 juin 2008

#79 La mode au Caire 4 - Un vestiaire des familles Versace

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City Star, un temple du fashion en ville avec son allée des reines, son labyrinthe, ses corridors et son passage étroit car le chemin qui passe de portant en portant ignore la linéarité.

Caire Accueil organise chaque rentrée une initiation tant l'endroit requiert un décryptage ; on murmure aussi qu'un éditeur travaillerait à un "City Star pour les nulles".

Refuge de l'homme et la femme musulmans et chics on y trouve les habits qui font les moines, des jeans Guess à cinq cents euros, des lunettes D&G à trois miles livres et des foulards et des foulards et des foulards. Il s'y vend plus de foulards que de pantoufles à Meudon, que de mini-jupes à Nice, que de sweat à capuche à Aubervilliers mais la supériorité de City Star sont ces deux étages consacrés à la nourriture grasse et rapide : autant que pour la fashion.

Dans ce paradis de la famille arrosé de sauce tomate au sucre, il m'arrive de souhaiter que l'emprisonnement des corps dans le corset de la morale perdure car une liberté retrouvée n'avantagerait personne tant elle dévoilerait les dégâts du mélange foul-burger.

A+ Je vous écris quand je retrouve l'appétit.

lundi, 16 juin 2008

#78 La mode au Caire 3 - Un vestige dans le vestibule

876251a1cfb4a62b963c4fd10d75ba24.jpgB et moi bavardions dans la rue, le monde, les gens, les gouvernants, ceux de son pays, ceux du mien, les filles, les filles, le réchauffement climatique, avant, avant, les filles, les filles.

Nous avions baissé le ton car un policier veillait non loin de là car dans les rues du Caire un policier veille toujours non loin de là et nous baissons toujours le ton dans ce cas là. Que très probablement son vocabulaire arabe ne dépasse pas six cents mots, que son anglais n'en contienne pas vingt ne changeait rien à notre défiance -- à notre paranoïa ?--.

Nous avons poursuivit l'échange. Notre ami G se mariait cette semaine là à Beyrouth cette ville en guerre civile, les filles encore, les filles, EUX, les filles, EUX. La conversation s'éternisait --allions nous parvenir à changer le monde depuis notre bout de trottoir ?-- quand dans un cri B, cairote depuis Ramsès II et Farouk et Dalida, lâcha :

- Sais-tu que ma mère se baladait dans les rues de cette ville en micro-jupe sans que personne n'y trouve à redire ?

Qu'il emploie micro-jupe pour mini-jupe dans cette contrée où mini-bus se prononce micro-bus vainquit mon incrédulité.

A+ Je vous écris quand le pays de B cesse de le faire pleurer

PS: l'image n'est pas celel des nouvelles forces de polices cairotes mais provient du film cruising cité dans ma note précédente.

samedi, 14 juin 2008

#76 La mode au Caire 1 - Une sacristie du sacré profit

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J'aurais pu faire postier, gendarme ou chirurgien ; j'aurais pu faire caissier chez Carrefour, pilote chez Easy Jet ou coursier chez DHL car les logos et les lisérés et les galons de leurs uniformes explosent, sonnent, flashent et finalement pulvérisent l'œil du passant quand l'habit du sacerdoce que j'endosse chaque jour pour prêcher les vertus du travail attristerait même un croqueur de mort.

Seules trois professions partagent cet habit : les ingénieurs, les présidents français et les gardes du corps de star mais chacun sait LA compensation du second, mais chacun fantasme les compensations des troisièmes.

Je me voyais fashion victime, un Lagerfeld de la mondialisation,  un JPG du profit, un Galliano de l'Oil & Gas mais les costumes sans couleur s'empilent dans mon armoire et quand se referment les portes ils se confondent avec la nuit : j'ai peur que la nuit du profit ne m'absorbe à mon tour.

A+ Je vous écris quand je transgresse et revêt un costume à rayures.

 

vendredi, 13 juin 2008

Une respiration (4)

Retour à l'ethnologie, ce blog consacrera la prochaine semaine à la mode : ça va défIleR.

Ce blog tentera de répondre à une vraie question : l'habit fait-il le moine. Dingues de la sape, fans de la fripe cette semaine sera votre semaine, les autres attendront patiemment la fin de l'orage.

J'adore me transformer pour ces reportages en reporter dans les rues du Caire ou en Tintin dans les rues de Pékin.

Le menu de la semaine : une sacristie de la mondialisation ; un dress code codé ; un vestige dans le vestibule ; un vestiaire des familles versace ; une malle pour les males ; une malette pour les poulettes ; un coffre à bisous. Sept textes pour appréhender la fashion au Caire sera-ce assez ?

Comme pour la série l'Amour au Caire, le premier texte parlera de moi (encore), non par cabotinage mais pour désamorcer d'éventuels grincements de dents : le sérieux mon propos pourrait parfois choquer.

Un texte de cette série pour lequel je n'ai ni image, ni titre ni corps de texte manque à l'appel.

Je divague et vole votre temps, tout au plaisir d'aligner les mots, tout à celui d'être lu [peut-être] mais pas le temps de faire court aujourd'hui.

Mon préféré: un dress code codé, dites moi plus tard quel est le votre et pour de la vraie fashion allez voir là et et . Enfin je regrette de ne pas avoir lu plus tôt la note de Pietonne C : elle aurait donné du piquant à ce Dress code codé, et puisque l'on est là à parler chiffon et crépon, je me demande comment les censeurs intérprètent l'image du milieu sur cette note olé olé de Ballade E.

mercredi, 02 avril 2008

#24 L'Iftar arrive toujours trop tard

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En ces temps de Ramadan et de bonnes résolutions les riches Cairotes dressent des tentes en pleine rue et régalent les pauvres tous les jours à l'Iftar. Les gueux se pressent dès cinq heures quant l'iftar tombe à six. A sept heures il ne reste que des miettes et des sièges repliés.

Ramadan c'est kermesse tous les jours sans la pèche au canard et les casse- brique. Ramadan c'est seulement casse-bonbon quand Ali mon serveur préféré me condamne à l'abstinence car "ramadan mafich bira"

A+ Je vous écris quand je dérappe dans le sang des moutons