jeudi, 15 mai 2008

#50 L'amour au Caire 4 - Des maazoun et de la pureté

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Pendant que dans le pays voisin les sages s'interrogent sur le droit d'allumer une lampe ou de prendre le bus le samedi, la nomination de Mme Amal Soliman au poste de maazoun ici interroge : comment officiera-t-elle les divorces et les mariages pendant sa menstruation ?

La sécularité qu'impose l'Actionnaire défie des textes écrits plus de trois ans avant Bill Gates et Steve Jobs.

L'église catholique anticipa ces problèmes avant l'heure : pas de divorce pour les ouailles et pas de menstruation pour ses prêtres.

A+ Je vous écris quand je ramène d'autres progrès d'outre-méditerranée

samedi, 26 avril 2008

#AD Notre fellouze nous ressemble

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Nous ressemblons à notre fellouze autant qu'il nous ressemble(*). Les bords de mes billets tranchent comme les plis de mes chemises et comme mes décisions. Ils exhalent un relent acre et acide, celui de l'encre, celui de la sueur de la peur, celui des reflux gastriques et de l'aliénation acceptée.

Leurs billets. Flous. La misère élime leur couleur. Déjà elle a digéré le tissu de leur gallabyas et la trame de leur vie. La misère ronge leurs quatre cotés. Leurs cotés justement ! Edentés comme la gueule de leurs porteurs ! Leurs sourires comme des fentes, ils répliquent le tracé des bords du Nil, hésitent, paressent, échancrent ; de chaque coté le désert menace.

Frêles comme la peau des vieillards, translucides comme leurs rêves, les billets de 50 piastres ne protègent pas du moindre revers. La moindre maladie les dissout et le plus simple accident les achève. Nous connaissons des accidents de vie, ils connaissent des accidents tout court.

Si tout oppose leurs nubiens puants de 50 piastres à mes sphinx hautains de 200 livres, je n'ai aucun complexe pourtant : même à bab el Zwaïleh chacun sait que l'argent du pétrole n'est pas de l'argent sale.

A+ Je vous écris quand je retrouve ma planche à imprimer

* fellouze: le blé, la gabelle, l'oseille, le grisbi, le flouze

dimanche, 20 avril 2008

#AB L'Olympe du réchauffement climatique

 

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Ma femme m'a quitté quand l'Erika a sombré. Mes enfants ne me parlent plus depuis l'avènement de l'ère Hulot. Ma mère croit que je me prostitue et je n'ai plus d'amis : je travaille pour l'industrie du pétrole.

Prisonnier entre la cupidité de l'Actionnaire et ses partenaires indifférents aux concepts de pérennité et de responsabilité, il arrive trop souvent que mes cris soient muselés. Plus souvent encore ils sont simplement ignorés et à ma défaite s'ajoute l'humiliation.

Alors les torches crachent et carbonisent les nuages et les anges.

Chaque seconde de ces incendies célestes ruinent les petits gestes que les tartuffes et les incompétents vous conseillent d'accomplir pour sauver la planète.

Que les chinois envient l'ardeur de cette flamme n'est en rien une consolation.

A+ Je vous écris quand je trouve un extincteur.

 

 

mardi, 25 mars 2008

#21 Délocalisation pyramidale

 
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Conséquence de l'augmentation du cout de la main d'œuvre et de l'âpreté de l'Actionnaire les Egyptiens délocalisent les pyramides en Chine.
Ici les camions de pierres cinq fois millénaires encombrent l'Autostrade et provoquent des embouteillages. Là bas les milliardaires en yuan inaugurent des atriums en marbre et des ballroom d'albâtre.


Sous Sadate ce peuple libre et fier a vendu son âme aux américains, sous Moubarak il se donne aux chinois. Bientôt il  ne restera plus à son fils qu'à vendre le sable du désert pour payer les fins de mois. Alors on s'apercevra que si l'Egypte est un don du Nil, le contraire aussi est vrai.

A+ Je vous écris quand je retrouve ma pelle et mon seau