dimanche, 29 juin 2008

Une arrivée à Abu Dhabi

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Les préjugés, plus que les bagages, pèsent sur la conscience du voyageur et le freinent.

Mes premières impressions : Je m'impatientais à deux mètres de la police des frontières. Seule une mince ligne blanche me séparait encore de l'aventure. Devant moi, un jeune informaticien de la BNP, Philippe-Hubert, expliquait les raisons de sa visite au policier en charge du contrôle des passeports. Mon envie d'envoyer un banquier en prison était telle que j'ai eu du mal à ne pas hurler au policier : "Il ment ! Dans l'avion, il m'a confié qu'il ne savait pas pourquoi on l'a envoyé ici. Il avait demandé un poste aux Bahamas"

Le douanier trop crédule me signifia d'avancer. Devant moi, Phillipe-Hubert de Rochoir-Ponchet, plongea vers sa propre aventure en me saluant discrètement. Deux pas m'amenèrent devant l'officier. Ils promettaient la chasse au faucon, les étendues sauvages, les pécheurs de perles, et ces maisons de torchis que surmonte une cheminée : elles volent au désert la moindre de ses respirations et forcent la plus petite parcelle d'humidité à rafraîchir leur intérieur. Six heures de vol permettent de se documenter. Conditionné par la lecture des SAS, je tendis mon passeport à l'envers.

Tous les lecteurs de SAS savent que les douaniers de la péninsule ne connaissent pas l'alphabet latin. Ils font semblant de lire en fronçant les sourcils et posent des questions stupides dont chacune constitue une raison de retourner en Occident. Tous les lecteurs de SAS savent que les douaniers arabes ont un cousin au ministère et portent des moustaches.

Celui menaça dans un anglais parfait : - Vous moquez-vous de moi ? Je ne me moquais pas de lui, je m'appliquais à respecter les habitants.

Ce séjour débute mal.

A+