lundi, 16 mars 2009
Marathon 6/6

Quand je suis arrivé les services du nettoyage avaient entamé leur ballet sous les feux de leurs gyrophares. D'autres agents entreprenaient déjà de dresser des bâches sur le parking des officiels en prévision du marché du lendemain. La dernière médaille distribuée ils avaient regagné leurs Audi noires et leurs Xantia bordeaux le chronomètre en sautoir, à la main un coupe vent offert par l'organisation.
Dans ce désert j'eus mon instant de gloire. Tandis que j'abordai la dernière ligne droite, un gamin de quatre ans tentait de se saisir du micro abandonné par le présentateur. Lui sirotait une bière avec un photographe le Nikon en bandoulière en regardant sur un portable les photos du jour.
Le gamin sur l'estrade parvint à faire tomber le trépied chromé du micro
- crrr crrrr huiiinnnnnnn
Les haut-parleurs hurlaient leur réprobation. La perspective d'une arrivée rock n roll dans des effets larsen et des bris de guitare m'arracha un rictus et j'inventai une foule devant laquelle défiler. Pour un peu j'allai applaudir moi aussi !
Le gosse d'abord effrayé s'agenouilla et colla sa bouche contre la grille du micro sur le sol, il la noya sous sa bave. Comme je commençai à boire la tasse trompé par le pouvoir du son, il improvisa à l'aide des trois chiffres de mon dossard, 12122, une comptine dont j'étais le héros. Un dossard bien choisit puisqu'à ce point précis et depuis cinq kilomètres vingt crampes et trente ampoules comptaient mes foulées sur un mode 1-2-1-2-2-1-2-2-1-2-2...
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vendredi, 13 mars 2009
Marathon 5/6

Ici nulle autre plage que celle des bougainvillées inventés tout à l'heure. Pas de stratégie servie sur un plateau. Pas de nostalgie d'un monde auquel les alizés promettraient pour toujours un endormissement serein. La minéralité de l'asphalte au contraire fouette, nous sommes vingt mille à courir et la mort nous poursuit. Dans la queue du peloton je dépasse des vieillards dont les moignons de mollets, deux poings d'enfant à peine accrochés sur un rameau, montent et descente au fur et à mesure qu'ils déroulent leur pied. Les varices saillent de ces muscles diminués comme si l'intérieur du corps déjà tentait de se diluer dans l'air.
De ces vieillards comme des princesses je ne connais que le dos: essayez de courir à l'envers ! Pour capturer les visages il faudrait se poster en avant comme ces photographes auxquels la grosseur de leur zoom sert de carapace. Ils vous hèlent :
- Emilie ici !"
- Jacques par là!"
Payés par l'organisateur ils raflent pour son compte tous les masques. Les concurrents affichent le sourire qu'ils montreront à leur femme, à leurs collègues de travail, à l'amical des coureurs de Blangit sur Argentière. Ensuite le visage de ces anonymes retournera à sa laideur, la mâchoire décrochera pour pendre au grès du vent des nids de poule des passages piétons. Les pommettes continueront de fondre et le soleil de forer un trou dans les joues. Les larmes attendront l'arrivée pour achever de raviner ces chairs défaites. Vingt mille visages s'invente demi-dieux mais la mort les ravage.
Durant les vingt premiers kilomètres l'esprit s'échauffe et vagabonde, une rêverie de deux heures. Le regard revigoré par la nouveauté s'émerveille. Il retrouve une couleur aux panneaux publicitaire, dévisage les spectateurs, invente des différences entre ces corps massés le long des barrières de métal venus soutenir un frère, un mari, un petit ami, une maitresse. L'instant est rare. Les idées de valeurs et les mantras n'apparaissent qu'après le vingtième kilomètre, l'euphorie du passage du semi suscite les images les plus folles. La joie de vivre encore empoisonne le sang. L'exaltation domine. Avec elle l'espoir.
Elle ne durera pas dix kilomètres. Ensuite commence le calvaire. Le passage du trentième disqualifie une à une les images inventées. A partir de ce point la régression commence, cet envers du glamour ramène à l'enfance et propulse vers la mort, le corps fuit toutes part : des glaires, du vomi, de la sueur, les larmes de l'arrivée dont les sillions strieront jusqu'aux marques de sel sur les joues seront une délivrance. Ne comptez pas sur Jogging Magazine pour dire cette déchéance.
(à suivre ...)
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mercredi, 11 mars 2009
Marathon 4/6

Le sillage de la fille devant moi distille un rêve pour lequel chaque kilomètre parcouru serait un épisode. J'aime le ventre plat des athlètes lorsqu'elles se ruent vers la ligne. La ceinture du short et le bas du maillot délimitent un espace dont la chair divisée en carrés dit à chaque foulée: volonté, puissance. Douleur aussi puisque seule la répétition des privations rend visible la mosaïque du ventre. Au dessus les dossards proclament GDF SUEZ 887 mais elles ne sont pas des numéros ces drôles de numéros.
Dix mille mètres et pas une goutte de sueur mais pourtant leur peau luit et contredit la sécheresse de leur corps. Les foulées entrechoquent les plaques de leur ventre, elles laissent deviner une moiteur entre les muscles déliés. Leur maillot bigarré dévoile leur épaule autant que leur cou. Il offre au regard l'ombre tiède et imberbe de l'aisselle, l'une d'entre elle offrira à tous les regards tout à l'heure sur la ligne ce creux lorsque prisonnière de sa victoire elle lèvera les bras.
Je voudrai posséder pour moi seul le creux unique de l'autre fourche. Moins qu'un panty à peine plus qu'un string, leur short lorsqu'elles se penchent laisse deviner la forme de la trilogie de leur puissance : le grand fessier, le moyen fessier, le petit fessier, trois façons de ne pas dire leur cul. Les entrainements ont réduit ce cul à son essence. Chaque enjambée déchire le morceau de tissus et dévoile au delà de l'interminable fuselage des muscles de leurs cuisses, l'ombre de leur réunion. Ont-elles encore un sexe ?
Déjà elles ont perdu leurs seins. Quand sur la piste chaque gramme compte elles ont délibérément jeune après jeune, sortie longue après sortie longue limé ces obsédants phares de la féminité. Reste posé sur un mouvement de chair, à peine un ombre sous le soleil de midi, la pointe restée douce d'un mamelon. Le squelette de mon crane posé sur trois de ses cotes je me perds dans la contemplation de cette onde. Seul le souffle de ma rêverie unit mes lèvres à ce minuscule monument. Sa couleur identique à celle de ma bouche, son épaisseur symétrique aux deux rives de mon avidité confirment le magnétisme en œuvre. La soie de ses lèvres est grège et de menus reliefs l'animent quand des sillons barrent la soie sauvage des miennes. Cet écart dans le textile, cette prémisse de la fashion confirme notre différence. Elle n'est pas moi. Je ne suis pas elle.
Lorsque le corps s'ouvre la matière de l'intérieur rejoint la carapace de l'être. Le tumulte intérieur palpite dans ces chairs qu'enrobent à peine une peau à peine peau, seule la chair sur laquelle elle s'appuie l'opacifie. Comment expliquer que je peine à contenir ma palpitation contre le fuseau de sa cuisse.
Elle bondit sur la route. J'invente en contemplant la violence qu'elle impose à son corps d'autres déchirures.
-Pourquoi joues-tu ?" demande la mort
-Tant que je joue je vis" répond le chevalier.
( à suivre..)
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lundi, 09 mars 2009
Marathon 3/6

Un rythme lancinant,
-hop hop
- une deux une deux
- chuit, ....,chuit, ...., chuit ...., chuit,
L'air chuinte des poumons comme d'un pneu à l'agonie, la lancinance de ce rythme appelle l'indolence des alizés et le balancement des madones aux gros seins sous les porches. Le murmure de leurs histoires sans fin endort les enfants dans l'anse du gras de leur bras. L'esprit invente des bougainvillées à Saint Cailloux et s'échappe d'un corps enfin asservit. L'évocation bouche un instant l'aigreur des corps en sueur pour lui superposer le pansement offert à un enfant ; une crème à la vanille bourbon dont la saveur soulagera les genoux écorchés.
Toutes les sueurs ne se valent pas. Elle perle au front des corps trop nourris alangui sous les porches, ses cristaux scintillent sous les feux de la rampe, ils trempent les feed back des rock star et déforment les tatouages des guitaristes lead. Cette sueur précipite des éphèbes sur les parquets cirés des terrains de basket une serviette à la main, elle trahit le verbe de l'homme politique, sa passion ses mensonges, elle mesure sur le front glacé des mourants l'approche de la mort.
Celle d'un peloton de marathoniens est maigre. Une sueur sans générosité. Une sueur sèche. Seule la multitude rend l'aigreur de sa retenue tolérable puisque pénétrer ce halo c'est appartenir. Il faudrait réviser son Süskind pour dire comment la détermination de cette suée froide contracte les mâchoires.
Le sillage de la fille devant moi distille un rêve pour lequel chaque kilomètre parcouru serait un épisode ...
( à suivre, ...)
09:01 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marathon, erotisme, défonce
vendredi, 06 mars 2009
Marathon 2/6

- Bravo douze mille deux cent vingt et un. Voilà ! C'est à vous. Vous avez de la chance. J'allais partir. Bonne soirée."
12221 ! Je ne pensais pas réagir quand on sifflerait mon numéro. Au bout de son bras mon sac pendait. Une chose informe qu'ont successivement distendu les épaulettes de mes années hockey, mes bottes et ma bombe de cavalier et plus tard mes mousquetons, mes broches et deux cent mètres de corde. J'aurais aimé lui répondre quelque chose. Un "merci". Un "C'est pas une question de chance". Un "Bonjour chez vous" en hommage à Patrick McGoohan dont le décès continuait de m'affecter.
J'avais préparé un discours pourtant mais le raffinement de ce discours peaufiné durant des heures m'a paru inapproprié. Dans ce discours inventé phrase à phrase dans le cas où je serais arrivé premier ou dernier trainait ce genre de propos :
- Comment était le parcours ?
- Oui, C'est un magnifique parcours très sélectif. Ça va bien et le parcours est pas mal abrité. Je voudrais en profiter pour remercier les bénévoles sans Saint Cailloux sur Brune qui font un truc formidable.
- Oui vous avez raison, on ne remerciera jamais assez les bénévoles. Parlez nous de vos sensations, on dit qu'il a fait très chaud aujourd'hui.
- Oui ce n'était pas facile avec cette chaleur. J'étais pas vraiment préparé parce que ces dernière semaines il faisait 5 degré de moins mais bon j'ai assuré quand même. C'est une grosse grosse performance pour moi.
- On dit que Lin votre préparateur vous a beaucoup fait progressé avec de la sophrologie et de la visualisation.
- Oui c'est vrai, avec Lin on a pas mal travaillé sur la phase après le trentième. C'est vrai que j'étais prêt quand c'est arrivé. J'avais une brulure au mollet mais finalement j'ai pu continuer quand même.
- Est-ce que cela ouvre de nouvelles ambitions
- C'est sur que j'ai fait une grosse course, une course énorme même. C'est important pour la suite de la saison. Pour le moment je veux juste savourer. Ensuite on verra.
- Merci !
Je ne suis pas arrivé premier bien sur au grand marathon de Saint Cailloux. Je ne suis pas arrivé dernier. Même cela m'aura été refusé. Personne ne m'a demandé mon avis sur la course, sur le temps, sur mes compétiteurs, sur les conditions atmosphériques, sur mes ambitions pour cette année, sur les problèmes de dopage, sur la place des sportifs amateurs dans la société, sur mon entraînement, mon régime alimentaire, sur le nom de mon préparateur psychologique, sur le fait que les sportifs modernes sont ou pas, les gladiateurs de notre société.
En quarante deux kilomètres on a le temps d'inventer assez de questions creuses pour réinventer l'Equipe et Canal Plus et de formuler autant de réponses conventionnelles. Chacun de ces kilomètres pèse mille histoires, le rythme des foulées les dévide. Un rythme lancinant,
à suivre ...
08:56 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marathon, erotisme, défonce
mardi, 03 mars 2009
Marathon 1/6 - Des tripes sur l'éstrade

Dans le gymnase à coté de l'arrivée la course contre la montre du nettoyage débutait lorsque la dernière ligne droite m'a vu ramper. Derrière leurs balais les employés de la mairie de Saint Cailloux s'élançaient ; les uns équipés de gants mappa ramassaient les papiers et les gobelets plastiques un masque de papier sur le visage, d'autres en simple bleu empilaient les chaises le long des murs. L'endroit puait l'après du bonheur quand la nuit a avalé le halo blanc de la mariée et recraché le long des murs tous les commentateurs. Leur glose fait tache.
Demain matin, inconscients du drame, les élèves du collège Jean Baptiste Poquelin investiront les vestiaires pour apprendre à jouer au basket. A leur tour de tenir les murs de leur grand corps et de laisser leur niaiserie croiser leurs guiboles l'une devant l'autre. Les boutons sur leur peau rose répondront aux couperoses : je hais les gymnases, le claquement de la fonte sur les racks, le rebond métallique des ballons, le gémissement des semelles sur les parquets de bois.
- Vas-y ! Fais-moi une passe !
- A moi ! A moi !
Le vinyle à deux balles des parois des vestiaires et trois générations - poussin, minime, cadet- ont absorbé la sueur. La tonitruance des fanfarons, les beuglantes des entraineurs, l'éclat des blagues d'après match ont rancit cette odeur, dans la gorge et sur les lèvres le gout alcalin des poumons au bord de l'explosion la rend sure. Dans ce théâtre de poche le manque de crédit force les corps moites à une promiscuité forcée. Dans ces gymnases même les douches méritent la suspicion pourtant s'il fallait hiérarchiser l'horreur des temples du sport je placerais ces gymnases loin derrière les stades municipaux et leur terrain d'honneur.
Quel honneur au fait ?
Dans ces carrousels de l'autre siècle la barrière blanche en béton l'hiver divise le monde en deux. Dans le cercle intérieur les héros luttent sur les quadrillages des lignes blanches. Hors de ce champ d'honneur les spectateurs encouragent sous la pluie. Un seul point, il marque l'endroit d'où les héros fusillent à tour de rôle le gardien car ces stades de foot identiques aux arènes romaines refusent l'égalité.
- Allez Jean Mi !
- Non mais c'est pas vrai !
- Donne-toi Lucien ! Monte !
L'autre demi-nu sur la parfaite horizontalité du ring vert ne sait pas dans quel sens monter.
A la consigne mon sac orphelin attendait avec quelques autres son propriétaire. Le responsable du vestiaire ne m'a pas regardé. Il a du en voir d'autres. J'aurais tellement aimé qu'un humain me parle. Il a juste fait :
- Bravo douze mille deux cent vingt et un. Voilà ! C'est à vous. Vous avez de la chance. J'allais partir. Bonne soirée."
08:35 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marathon, erotisme, défonce
mercredi, 16 juillet 2008
Epilogue J-4 - Une famille d'adoption

Je vous entends déjà !
Vous avez ouvert ce blog comme dab, une demi-tasse de café froid posée sur deux dossiers en attente trône à coté de votre clavier et menace pour le seconde fois du mois de noyer des mots morts nés. Au lieu de l'image d'un gamin des rues ou celle d'usine, vous tombez sur cette bande hirsute et en short !
Vous vous promeniez sur la toile parce que la fin de Wimbledon vous a laissé dans un état de total vacuité, vous cherchiez des informations pour offrir une croisière sur le Danube à vos parents et de fil en aiguille, cette expression désuète qui signifie surfer, vous atterrissez là devant cette bande hirsute et en short !
"Ouh là là ! Il va nous la faire à la Beneton. Une belle photo, trois visages et hop il croit pouvoir nous la jouer multiracial et pluriconfessionnel !"
"Qu'est-ce qu'il vend ?" s'inquiètent les plus paranoïaques
"Ouh là là ! Il va nous la faire genre valeurs du sport, genre dépassement, genre la gagne à tout prix, genre footing présidentiel les Ray-ban en miroir et François F en remorque (1). Comme si on allait pas être saoulé à la sueur (2) pendant tout le mois des JO"
Ne partez pas !
Ne partez pas car je veux vous raconter ma famille.
Cette image est celle de ma famille d'accueil à moi l'orphelin de la mondialisation, le divorcé de l'Actionnaire. Je concède que cette arche de Noé du running abrite une bouddhiste, un chirurgien et une azerbaïdjanaise mais nul comité de sélection ne veille aux respects de quotas. Pas de logo, pas de registre pas de web site, pas de cotisation, pas d'organisation. Pas d'accros à la sueur ni de fanas de la douleur, ni de ces camés du bitume aux neurones cramés par l'endorphine. Juste des potes, ma famille d'adoption, une famille accueillante et généreuse avec ses secrets et ses tabous et ses drames récurrents et ses chapelles et ses disputes homériques sur des points dérisoires. Puisque nous sommes d'accord sur l'essentiel autant se déchirer sur la mesure du tour de Zamalek et sur la nécessité ou pas de réduire la charge de travail avant un marathon. Une neuvième symphonie du jogging ! Donnez nous l'ONU et nous vous transformons le monde en réserve de pandas.

Nous partions chaque vendredi vers 6h00 en été un peu plus tard l'hiver pour une course de deux heures à Maadi, à Zamalek, à Katameya, sur les hauts de Mokatam et ce dessert : Sakahra-Dashour au travers de la palmeraie. Ensuite nous rompions le jeune en partageant ce que chacun avait amené et bavardions jusqu'à midi.
Les premiers temps ces petits déjeuners m'effrayaient. Imaginez vingt sportifs. Le jeune et l'effort ont liquéfié leur cerveau. Imaginez la salive perler aux commissures de leurs lèvres tandis que le foul se laissait préparer, un foul des familles réchauffé à petit feu et agrémenté de champignons, de gruyère et de cubes de tomates du delta (3). Une salive de coureur à pieds au vingtième kilomètre, une salive qui tapisse les muqueuses et scelle les gosiers. Imaginez vingt cultures et autant d'appétits refoulés mépriser les conventions de leur monde. Tel mangera avec sa main gauche, telle oubliera de laisser une main posée sur les genoux, tel n'attendra pas que le dernier convive soit servit avant de rompre le pain. Imaginez les se ruer sur le repas jeté au hasard et arracher des copeaux de galette et griffer la croute d'un gâteau et gober des verres de jus d'orange. Imaginez votre banquier, votre infirmière, votre réparateur télé déguisé d'un short déchirer avec les dents l'emballage d'un paquet de biscuit sec : ces bêtes m'ont longtemps interrogé sur la condition de l'homme lorsque ses besoins le gouvernent.

Un quart d'heure après ce tsunami, un quart d'heure, la mesure du temps pour que sucre trouve le chemin de l'estomac au cerveau et se répande comme un fixe au travers de neurone, les mêmes se moquaient de leur voracité et par groupe de deux de cinq de dix échangeaient les nouvelles de la semaine. Alors la vraie vie commençait et s'éternisait jusque midi.

Je retrouverai ces cousins l'année prochaine à Copenhague. D'ici là je penserai à eux quatre fois par semaine en enfilant mes New Balance.
(1) A la relecture c'était le bon temps quand Nicolas S tentait de semer François F dans les cotes à Brégançon l'an dernier au lieu de s'accrocher à la pente des sondages. Cet été en comparaison nous offre un mal de dos persistant et deux trois trucs pas terribles dans le pays. Je crains l'été prochain.
(2) De sueur et d'urine parce que ces temps ci on ne sait plus parler de sueur sans aussitôt parler d'urines.
(3) Notre cœur est Egyptien mais notre palais est international08:19 Publié dans Epilogue, Le Caire, Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Fayoum, 100k race, waadi digla
mardi, 08 juillet 2008
#92 Téstostérone (b)

Je pourrais vous mentir et vous écrire que depuis un an je ne m'alimente plus que de Maalox qui avec les amphéts et le Red Bull constituent l'essentiel du talent du cadre contemporain. Je pourrais ajouter que ce régime est le produit de ma frustration au travail mais pas du tout.
Je suis sous Maalox depuis un an parce que je prends des anti-inflammatoires depuis un an.
Je prends des anti-inflammatoires depuis un an parce que je cours tous les jours depuis un an.
Je cours tous les jours depuis un an pour me libérer de ma frustration au travail.
C'est pas du tout pareil.
A+ Je vous écris quand je reprends le roller.
22:15 Publié dans L'Actionnaire, Sport | Lien permanent | Commentaires (0)
#92 Téstostérone (2)

Je pourrais vous mentir et vous écrire que depuis un an je ne m'alimente plus que de Maalox qui avec les amphéts et le Red Bull constituent l'essentiel du talent du cadre contemporain. Je pourrais ajouter que ce régime est le produit de ma frustration au travail mais pas du tout.
Je suis sous Maalox depuis un an parce que je prends des anti-inflammatoires depuis un an.
Je prends des anti-inflammatoires depuis un an parce que je cours tous les jours depuis un an.
Je cours tous les jours depuis un an pour me libérer de ma frustration au travail.
C'est pas du tout pareil.
A+ Je vous écris quand je reprends le roller.
12:55 Publié dans Divertissement, Le Caire, Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, caire, speed, médoc
lundi, 07 juillet 2008
#92 Téstostérone (1)

Ils sont partis prier.
Une bande de fils uniques, de premiers nés, des mioches aux égos comme des boules de bowling. La testostérone et la rémanence des compliments de leur maman empoisonnent leur sang : "tu es le plus beau mon fils". Dans leur immense fierté ces mères ont simplement oublié de dire NON à ces gamins égoïstes.
MOI MOI MOI crient les cadres de l'OPRA et leurs égos boursoufflés défient le savoir que l'Actionnaire a mis en moi.
Picasso de la mondialisation je désapprends chaque jour à manager et avale chapeaux après chapeau, couleuvre après couleuvre.
Qu'importe puisque quoiqu'il arrive le fellouze alimente les pipelines de l'Actionnaire toujours plus ! Avouerai-je pourtant qu'il m'arrive d'être frustré, j'aurais tellement voulu faire un métier sympa.
A+ Je vous écris quand je reprends confiance.
11:55 Publié dans Le Caire, Sport | Lien permanent | Commentaires (1)

