mercredi, 02 juillet 2008

#87 Droles de Dames en foulard

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Si je portais des gants toute la journée je ne me laverai jamais les mains.

Pourtant dans ce pays où la dévotion et la pression des pairs généralisent le port du voile l'invraisemblable étalage de shampoings de Carrefour Maadi ferait pâlir d'envie les Drôles de Dames.

Cet indécent étalage me rassure : le marketing cette tête de pont du libéralisme qui nous souffle d'acheter ce dont nous n'avons pas besoin  triomphera toujours.

A+ Je vous écris quand j'écris une chronique identique sur la mousse à raser

vendredi, 27 juin 2008

#20 Ras 4 - Les copines des Kites Surfeurs

Cette note a été déjà publiée mais alors que mon propos est Ras Sudr je ne pouvais ne pas l'éxhumer. 
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Après cinq mois d'Egypte la vision des copines des kite-surfeurs aiguise tous les appétits. Leur peau luit et croustille. Elle embaume la coco. Elle irradie la plage.

Les copines des kite-surfeurs barreraient le passage de Moïse s'il traversait de nouveau la Mer Rouge. Il les trouverait sur son chemin à Ras Sudr et renoncerait alors à retrouver les tables de la Loi.

Pour le moment elles se contentent d'insulter les Cairotes venus là en famille avec leurs deux épouses.

Quand leurs épouses ne les surveillent pas je regarde les maris hésiter : doivent-ils répudier leurs deux barils en burka ou les échanger contre un concentré en micro-string ?

A+ Je vous écris si j'ai le courage de retourner à ma planche à voile

 

mardi, 24 juin 2008

#84 Ras 1- Une solitude infinie

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Ras Sudr. A trois heures de la capitale l'évidence de l'éloignement questionne l'existence d'autres lieux, elle repousse les contours du plateau du Sinaï que bordent à l'est et à l'ouest des moignons de mers. Au nord une mer si  peu mer qu'elle est une mer intérieure constitue son autre frontière : à dix millions d'années près le Sinaï n'existait pas.

Le Ramada, ex Hilton, ex gloire des brochures exhibe les plaies du temps. Victimes de l'attente infinie les palmiers confondent leurs tons fauves dans le sable ; les pelouses déguisent leur agonie et les disques que trace un soleil immuable simulent une rousseur joyeuse comme un tapis de Twister.

Le temps sédimente en collines et en vagues aux pieds des margelles et du seuil des chambres ; il sédimente sous les meubles et donne un après rêche aux draps : au Ramada seule la vitesse à laquelle le vent érode le Sinaï et la prégnance de l'odeur de poussière mesurent le temps.

A+ je vous écris quand le Patron m'offre une nuit gratuite pour ma pub

jeudi, 19 juin 2008

#81 La mode au Caire 6 - Une malette pour les poulettes

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Quelle arrogance que de prétendre plaire à Dieu quand on refuse de plaire aux hommes ! Comment les emballer quand on s'habille d'un sac ?

Parce qu'elles cultivent le fashion du détail, elles transforment les males en fétichistes du bout de la running, en adorateurs de la gourmette, en accros de l'œil en cage, en maniaques du poignet, en inventeurs du tombant sur les seins. Je n'ose imaginer les torrides rencontres entre les pervers de la running et les fondues du noir.

Ces folles de la glam, ces compulsives du chic, ces tatillonnes de la fashion, enflamment le podium tous les jours. Vous dites nippes elles répliquent émotion, vous dites fringues, elles rétorquent évocation, vous dites chiffon, elles clament suggestion, vous dites rétrograde, elles sourient vintage et revival car de savoir déjà ce qu'elles mettront samedi soir dans deux mois leur confère une assurance infinie.

A+ Je vous écris quand j'ai trouvé comment assortir ma cravate et ma chemise de demain.

PS1 : j'aurais du écrire ce genre de blog, les illustres y ont plus de mordant.

PS2 : Assortir cravatte et chemise, tailleur et chaussures, jean et T shirt, legging et tunique vous tyranise-t-il ?

mardi, 17 juin 2008

#79 La mode au Caire 4 - Un vestiaire des familles Versace

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City Star, un temple du fashion en ville avec son allée des reines, son labyrinthe, ses corridors et son passage étroit car le chemin qui passe de portant en portant ignore la linéarité.

Caire Accueil organise chaque rentrée une initiation tant l'endroit requiert un décryptage ; on murmure aussi qu'un éditeur travaillerait à un "City Star pour les nulles".

Refuge de l'homme et la femme musulmans et chics on y trouve les habits qui font les moines, des jeans Guess à cinq cents euros, des lunettes D&G à trois miles livres et des foulards et des foulards et des foulards. Il s'y vend plus de foulards que de pantoufles à Meudon, que de mini-jupes à Nice, que de sweat à capuche à Aubervilliers mais la supériorité de City Star sont ces deux étages consacrés à la nourriture grasse et rapide : autant que pour la fashion.

Dans ce paradis de la famille arrosé de sauce tomate au sucre, il m'arrive de souhaiter que l'emprisonnement des corps dans le corset de la morale perdure car une liberté retrouvée n'avantagerait personne tant elle dévoilerait les dégâts du mélange foul-burger.

A+ Je vous écris quand je retrouve l'appétit.

dimanche, 25 mai 2008

#59 L'humilité du vilebrequin

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Les mécaniciens des échoppes du quartier de Bulaq donneraient des leçons d'écologie à Jean Louis B s'ils connaissaient son existence car ils recyclent mieux que si Nicolas H était leur chef d'équipe.

Ils avalent les épaves et réparent les durites ; ils séparent les delcos des carburateurs, tressent des colliers de vis platinées et une clé à bougie ouvre la porte de leurs rêves.

A moi qui me réfère au manuel pour faire le plein de ma voiture, ils m'enseignent l'humilité.

A moi qui jette mes lecteurs mp3, mes fers à repasser et mes imprimantes à la première défaillance ils enseignent la citoyenneté.  

A+ Je vous écris quand ils me rendent mes boulons.

 

samedi, 26 avril 2008

#AD Notre fellouze nous ressemble

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Nous ressemblons à notre fellouze autant qu'il nous ressemble(*). Les bords de mes billets tranchent comme les plis de mes chemises et comme mes décisions. Ils exhalent un relent acre et acide, celui de l'encre, celui de la sueur de la peur, celui des reflux gastriques et de l'aliénation acceptée.

Leurs billets. Flous. La misère élime leur couleur. Déjà elle a digéré le tissu de leur gallabyas et la trame de leur vie. La misère ronge leurs quatre cotés. Leurs cotés justement ! Edentés comme la gueule de leurs porteurs ! Leurs sourires comme des fentes, ils répliquent le tracé des bords du Nil, hésitent, paressent, échancrent ; de chaque coté le désert menace.

Frêles comme la peau des vieillards, translucides comme leurs rêves, les billets de 50 piastres ne protègent pas du moindre revers. La moindre maladie les dissout et le plus simple accident les achève. Nous connaissons des accidents de vie, ils connaissent des accidents tout court.

Si tout oppose leurs nubiens puants de 50 piastres à mes sphinx hautains de 200 livres, je n'ai aucun complexe pourtant : même à bab el Zwaïleh chacun sait que l'argent du pétrole n'est pas de l'argent sale.

A+ Je vous écris quand je retrouve ma planche à imprimer

* fellouze: le blé, la gabelle, l'oseille, le grisbi, le flouze

dimanche, 13 avril 2008

#29 Bonjiorno

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Mohamed et Akim travaillent à Buon Giorno mon salon de coiffure de Nasser City. Nous avons partagé l'agonie de leur tondeuse. Ils ont ignoré mes conseils et de semaine en semaine je suis passé de la taille 1 à 0,5 puis à zéro rapport aux coupes dans les frais généraux.


Cette semaine ils m'ont fini à la tondeuse à narine, quant à ma rente hebdomadaire ils ont tété la chicha avec ! Au sortir de leur salon la brise du Nil allumait des étincelles sur mon crane nu. Sensuel. Divin. Pharaonique !


Désormais les vendeurs à la sauvette de mini pyramides ne me harcèlent plus. Ils se jettent à mes pieds et me supplient de ne pas violer leur mère et leur sœur comme le font les GI américains à cinq cents kilomètres d'ici. 

 


A+ Je vous écris quand je parviens à me reconnaître dans un miroir.

jeudi, 03 avril 2008

#25 Le cœur des moukhères du Caire

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Des strass, des paillettes et des croissants de lune en argent rehaussent la ligne des burka des riches cairotes et l'or d'une gourmette ceint leur poignet au dessus de leur gant.

 

J'imagine des peaux baignées au lait de chamelle et massées au miel. J'imagine la langueur du sérail et la promiscuité du Hamann mais le démon se cache aussi dans le souffle des étoffes qui feulent à chaque foulée. Il attise mes rêves et me laisse exsangue à l'aube.

 

La boutique de veuve Raddah rue Bassyuni enfin cristallise le délire de mes sens car elle m'a révélé ce que cache le cœur des dames cairotes.

 

A+ Je vous écris quand j'ouvre le premier magasin de sex-toys de la ville.

samedi, 15 mars 2008

Mon supermarket préféré

Mon supermarket préféré