mercredi, 01 juillet 2009
12 Raisons Erik

à sa droite tout droit vers la chapelle et juste avant à gauche vers rochechouart le boulevard rue fontaine ses bars pigalle ses boites à gauche à deux tours de roue bastille ses banlieusards en horde devant la rive droite ses lounges pédants ses cuirs son skaï son faux champagne ses faux modèles
place de la république erik tremble de sentir tous les paris de paris vibrer sous lui
derrière lui oberkampf derrière lui oberkampf derrière lui entre lui et oberkampf cristelle-armelle-catherine combien de prénoms a-t-elle menti cette cristelle-amandine-catherine avant d'accepter ce soir de grimper à califourchon sur son vespa 80 rouge forcement rouge cette cristelle-armelle-catherine pour porter un petit casque bol juste assez court pour que la lisère révèle ses trois mèches brunes tandis que pied calé sur le frein la poignée dans le coin ou les gaz à zéro il joue une berceuse pour post adolescente
le cataplasme de l'attestation de son bac dans la poche arrière droite de son 605 répond aux poinçons brulants des seins de cristelle-arabelle-catherine au travers de son perf à chaque balancement
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Bilan Carbonne d'un amour d'une nuit d'été, 20g, bien plus s'il y a la clim
23:36 Publié dans Amour, Des histoires ..., Fashion, La planète, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plantète, amour, fiction, crise, vespa
vendredi, 08 mai 2009
Dexia : 5 OD à 3 fin

Là haut il arrache ses vêtements et ceux de la fille et la possède debout devant 200 personnes. La guitare s'était tue. Grosse caisse et basse donnaient le tempo. Il se foutait de notre gueule. Il nous haranguait "vous avez tous envie de baiser, garçons, filles ! Moi je le fais ! Vive la baise vive le rock !" Le lead s'est réveillé au moment du climax. Sa fender qu'il tenait comme un chibre giclait des rifs et tout et tout .
... fais pas ta mijaurée c'est la vie. Dis-toi que tu m'écoutes pour le bien du journalisme.
C'est ça la vie rock roll ; du sang du sperme. Un remix de Racine et de Corneille la dope la sueur le fric en plus. La sciure et la poussière aussi. Tout de suite j'ai voulu travailler pour lui tu vois. Ce n'est pas que je sois voyeur. Je m'en fous. Surtout maintenant tu me diras. Mais il avait ce truc provoquant il ne savait pas la faire smart, il savait pas être minus ou poli ou civilisé. J'ai été son body-guard et son confident de 83 à 2002. Ses provos ont marché jusqu'en 85 puis il y a eu le sida, puis les mômes de Seattle sont arrivés, il vendait encore des CD mais il avait cessé d'être planétaire.
Et puis maintenant n'importe qui peut écrire "je m'en fous comme de deux doigts dans ma chatte" sans empêcher le lecteur de bailler. Le métier est devenu difficile tu vois. De toute façon rien qu'avec les royalties sur "better be wet under the sun" et " tell me your dream I'll tell you mine" on n'a plus besoin de travailler. Jusqu'en 2002 ça a été une belle vie et tout et tout tu vois.
J'ai su qu'il était à Paris cette semaine. Il a téléphoné. Sais pas comment il a eu mon numéro. Je lui ai dit "fait pas chier, si tu viens ici je te fous sur la gueule, je te promets".
Tu vois maintenant je regrette tu vois.
Il aura toujours été plus fort plus grand plus vite que moi. Ce qui vient d'arriver en est encore la preuve. Plus grand, plus fort, plus provoc, plus rock quoi. Il me bat cinq OD à trois et deux TS à une, c'est tout dire. Je te parlais de mon cobra sur l'épaule lui a un anaconda sans compter son aigle royal d'une omoplate à l'autre.
On m'a dit qu'il avait pris une suite un Ritz. Celle du 6ème. Il voulait prendre celle de Lady Di mais elle était occupée. J'ai toujours su qu'il avait un cœur de midinette. Il est resté deux nuits. Evidement la deuxième nuit il a tout saccagé. Ça fait partie de la legacy. Avec les morceaux restants de la chambre tu n'aurais même pas pu fabriquer une tour Eifel en allumettes, le reste c'était juste sciure et poussière et tout et tout. A coté de ça Pete Townsend est un enfant de cœur. A l'aube des rockers vers dix heures du mat il est sortit en jogging comme s'il allait faire son footing au bois. Sa limo l'attendait. Une vraie voiture de rock star longue comme un jour sans fix et pink comme la langue de ma nièce. Tu sais qu'ils font payer les rockeurs d'avance maintenant dans les palaces ! Trop de grivèlerie il parait.
Ils ne sont pas allés au bois, ils ont foncé vers la Défense tu vois. Il s'est fait déposer au CNIT avec son survêt, sa serviette autours du cou son petit sac Nike. On aurait cru un petit cadre en route vers son Gold Gym et tout et tout.
Il a grimpé au sommet de la tour Dexia. Evidement c'était pas un hasard. Il leur avait confié la sueur de trente ans de concerts et de nuit en studio et de croutes à la saignée du coude. Il n'est reste plus rien. Ils l'ont ruiné ces salauds.
Personne ne sait comment il est parvenu sur le toit. Trente étages quand même. Il a toujours eu la caisse et tout et tout. Là il a vêtu son costume de scène pour la dernière fois et il a plongé façon vendredi noir en pantalon léopard sur deux traders qui fumaient au pied de la tour.
Ne me dis pas qu'ils étaient innocents ces deux là.
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http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/...
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/24/2008-an...
12:45 Publié dans Des histoires ..., Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dexia, crise, rock, fuck
jeudi, 07 mai 2009
Dexia : 5 OD à 3

Tu vois le succès l'a tué. Le success...
J'ai failli verser rune larme mais je l'ai retenue. Mon con de voisin aurait utilisé cette goutte de nostalgie pour se moquer. J'en aurai pas fini de l'entendre.
Remarque il en a pas pour longtemps le pauvre. Le pauvre vraiment. Moi tu vois que je finisse ici soit, c'est dans la logique des choses, c'est même top pour parler comme ma nièce. Elle a douze ans. C'est la seule qui vienne encore me voir.
Mais lui le pauvre. Il aurait pas du finir ici. Il était teinturier tu vois, il avait un magasin et tout et tout mais ce con avait mis l'enseigne au nom de sa femme. Quand ils ont voulu prendre leur retraite il se voyait à Cannes vous savez le trois pièces sur la baie, le palmier, une petite de ci de là discerto et tout et tout mais elle est parti avec un jeunot. Il parait que c'est un gigolo selon lui. Bien fait.
Ce qui me fait marrer chez mon voisin c'est qu'il répète tout le temps : "avec un belge ! Elle est partie avec un belge !!!" Je ne sais pas ce qu'il a contre les belges. Quand il respire j'ai l'impression de rentrer au pressing pour un peu je pourrai nettoyer mon linge avec son haleine. Quarante de trichlo dans les bronches il doit avoir des lacs au fond des alvéoles. Enfin pour ce que je consomme ! Un pyjama par semaine et encore HP me les fournit, c'est marqué là regarde "HP".
Oui je l'ai connu. Il sera le premier on my list. Ça sera comme ça ma tombe, la tête dressée d'un cobra, celui que j'ai sur l'épaule je te laisse le photographier si tu veux tu pourras t'en servir pour illustrer ton article. En dessous quelques noms mais le sien en premier.
Je l'ai vu pour la dernière fois il y cinq ans a dans un club à Vegas. J'étais venu faire une pige avec le patron de Roch mais tu gardes ça pour toi. C'est off the record comme vous dites. Ça lui plait à cet énarque d'avoir un body-guard tatoué.
Lui jouait dans un club loin du strip. Il y a cinq ans on était en plein boom il aurait pu se passer de donner un concert devant 50 pékins à tout casser mais la scène lui manquait et tout et tout. Il aurait pu la faire rock star sur le retour et jouer dans un casino comme Elton devant des gens qui mangent des crevettes sauce césar mais il lui fallait les vibes du risque d'un vrai public. Je te promets à presque soixante dix ans il était encore first class et même unplugged ça déménageait. Et puis maintenant qu'il y a le viagra il aurait pu durer longtemps encore.
Bon à Vegas ils sont un peu puritains. Fallait que tu vois ses tournées en Europe. Dix ans après le glam rock il inventait le fuck rock. On sortait à peine du punk. Les mômes croyaient à la fin de l'histoire, un délire post industriel, ils se teignaient les cheveux en noir et prenaient des poses de loup garou. Faillait pas sourire retenir l'émotion tu vois. Vous savez les tintins d'Indochine par exemple. Ils me font bailler. Trop de culture. Trop de références et tout et tout. C'est pas du rock ça, c'est un hochet musical pour fils de riche.
Lui arrivait avec sa rage tu vois. Il crachait sur l'androgynisme des uns sur le nihilisme des autres et la mégalo des grands groupes. Je l'ai vu pour la première fois au Gibus en 85. A mi chemin du concert son lead et son bassiste sont partis sur trois accords. Il a fait signe à une poupée au bord de la scène. Heureusement y avait encore des mômes rock à l'époque. Il l'a prise sur son dos et je vous promets il a escaladé la colonne d'ampli la fille accrochée à son dos façon King Kong et tout et tout. (à suivre...)
21:45 Publié dans Des histoires ..., Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : dexia, crise, rock, fuck
lundi, 22 septembre 2008
#14 Une vie d'abstinence

Leur miroir atteste notre émoi quand nous arrangeons une mèche avant un rendez-vous amoureux ou ajustons un nœud de cravate avant un entretien d'embauche. Leurs entrailles structurent nos secrets tandis que nous enfilons un pantalon et que leurs portes baillent.
L'illustration de cette note appartient à Jean-Pierre G, responsable sécurité et ancien légionnaire. Jean Pierre G. me prête son bungalow 3B cette nuit. Cette armoire me ramène, moi le Bernard l'Hermite de la mondialisation, vingt cinq ans en arrière quand je défendais les marches de l'Empire au sein d'un régiment du génie à Speire, RFA.
En rentrant à Alger j'ai vérifié mon armoire et suis fier de vous annoncer qu'à quarante cinq ans mon armoire demeure le produit OGM d'un orphelinat à chaussettes avec une fourrière à chemises et une carrière à pantalons.
La vie de célibataire quelle joie !
A+ Je vous écris quand je retrouve ma cravate.
11:25 Publié dans Alger, L'Actionnaire, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (1)
dimanche, 20 juillet 2008
Epilogue J-1 - La logique est une nuisance occidentale

Malgré un an ++ passé au Caire je demeure incapable de répondre lorsque l'on me demande pourquoi j'aime cette ville. Je retrouve alors la vacuité du "oui" que l'on sert aux jeunes filles lorsque leur boulimie de certitudes leurs dictent des questions forcément sans écho dans le miroir fleuri des garçons (1).
La date de mon départ se précise. Avec elle l'urgence des souvenirs à fabriquer m'étreint alors qu'en même temps je fuis la tentation des bilans.
Je confesse que la résignation et le fatalisme des Cairotes, ce contentement de peu quand mon éducation franco-franchouillarde me pousserait souvent à lâcher un putain-merde-fait-chier mâtiné grave d'envie (2), m'ont souvent exaspéré mais maintenant qu'il faut revenir parmi toutes les craintes que suscitent ce départ à l'envers celle de retourner vers les armées que lève la piétaille du petit commerce me terrifie, ces pécheurs, ces taxis, ces routiers, ces forts des Halles, ces corporations de fiers à bras et de bruleurs de pneus au bord des routes auxquels s'ajoutent les grands corps, ces cheminots, ces enseignants, ces retraités et désormais l'armée.
On ne gouverne pas un pays en le mettant à feu et à sang, en étant lâche quand il faudrait être fort, en étant dogmatique quand il faudrait négocier.
On ne peut pas non plus prétendre ratisser tous les poissons de la mer jusqu'au dernier alvin et en plus exiger de payer l'essence moitié prix.

(1) PS : Pour me faire pardonner cet écart je vous offre le merveilleux dialogue du mépris. Je vous invite à vous ruer sur You Tube. Vous devrier touver la séquence Picoli / BB et la lancinante scie de delerue sous la requète le mépris Godard. Malheureusement you tube semble sensible aux notions de propriété intelectuelle en ce moment et néttoie ses registres aussi je n'ajoute pas de lien en dur. J'aurais tendance à penser qu'au contraire publier des extraits promeut des films qui sinon tomberaient en désuétudes.
Tu vois mes pieds dans la glace ?
oui
Tu les trouves jolis ?
oui. Très
Et mes chevilles tu les aimes ?
oui
Tu les aimes mes genoux ?
Oui j'aime beaucoup tes genoux
Et mes cuisses ?
aussi
(2) No comment

10:30 Publié dans La bagnole, Le Caire, L'Actionnaire, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 18 juillet 2008
#97 Epilogue J-2 Léonard m'emmerde

Depuis trois mois ce blog brandit la bannière de Jérome Bosh. Pas un lecteur ne s'étonnait jusqu'à ce que F lance :
- Mais ça n'a rien à voir Jérome B et le Caire !
Wiki la docte nous informe "L’enfer se mêle au paradis, et le satirique à la morale. On y voit sa préoccupation pour l’humanité corrompue condamnée à l'enfer éternel pour avoir tourné le dos à la loi divine."
Garçon simple, j'aime la joie immuable des diables de Jérôme lorsqu'ils rôtissent un égaré ou empalent une nymphe. Dans ce monde sans certitude leur plaisir à accomplir leur métier et leur aptitude à faire le mal quoi qu'il arrive me réconforte car leur Maitre a affranchit ces affreux de la contrainte du remords et de l'aiguillon du bien.
- On peut compter sur eux c'est sur !" me glisse B.
- Et le rapport avec le Caire ? Toujours pas ? " rétorque F.
Que sais-je ! La multitude, la jovialité, l'obsession du péché et l'appât du paradis, cette ultime tentation, la multitude encore, cette vie grouillante et informe dont l'examen à la loupe ne permet pas d'y discerner un sens tant les électrons de la survie Cairote manquent de cohésion, l'hétérogénéité des passions, la profusion, l'appétit formidable des bougres, de leurs victimes harpies. L'extase des élus.
Si Jérome B. était un contemporain de Léonard de V. l'ingénieur gentil ils n'étaient pas spectateurs du même siècle, celui de Léonard m'emmerde quand le chaos cairote m'emplit d'une joie d'enfant.
PS : A quoi ressemble votre siècle ? Etes vous plutôt visage de Madone en Toscane ou plutôt bougres et nymphes rôtis au barbecue ?
10:10 Publié dans Epilogue, Le Caire, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 27 juin 2008
#20 Ras 4 - Les copines des Kites Surfeurs

Après cinq mois d'Egypte la vision des copines des kite-surfeurs aiguise tous les appétits. Leur peau luit et croustille. Elle embaume la coco. Elle irradie la plage.
Les copines des kite-surfeurs barreraient le passage de Moïse s'il traversait de nouveau la Mer Rouge. Il les trouverait sur son chemin à Ras Sudr et renoncerait alors à retrouver les tables de la Loi.
Pour le moment elles se contentent d'insulter les Cairotes venus là en famille avec leurs deux épouses.
Quand leurs épouses ne les surveillent pas je regarde les maris hésiter : doivent-ils répudier leurs deux barils en burka ou les échanger contre un concentré en micro-string ?
A+ Je vous écris si j'ai le courage de retourner à ma planche à voile
12:00 Publié dans Le Caire, Sea sex and sun, Shopping, Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Ras, créme solaire, appétit
jeudi, 26 juin 2008
#86 Ras 3 - Un développement durable

Souvent les égyptiens confient au vent leurs sacs plastiques, leurs déchets de polyuréthane et leurs restes de vinyle. Cet arrangement poétique de la gestion des ordures ménagères les oblige à installer aux portes des cités des arbustes épineux qui piègent les ordures volantes et les empêchent de souiller le désert.
Il faudra vingt mille ans pour que ces rognures de la modernité retournent à leur état premier et fournissent aux colons hydrocarbures et sulfures mais les égyptiens savent que vingt mille ans ne pèsent rien dans un pays qui en compte déjà cinq mille.
Je crois aussi que dans leur grande clairvoyance ils spéculent que ces ordures seront l'Epice des futurs Voyageurs de la Guilde et qu'elles redonneront à leur nation sa primordialité.
A+ Je vous écris quand je bâtis un incinérateur avec un filtre à dioxydes
13:45 Publié dans La planète, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ecologie, citoyenneté
mercredi, 25 juin 2008
#85 Ras 2 - Poujadisme et écologie

Alors que Ras Sudr abrite mon ermitage, le poujadisme pollue l'air de phrases bien senties comme si on était au Balto, sis rue du Commerce à Villefranche sur Gardon. Hier soir vibrait de la vision du monde binaire de mes voisins de table. Seule leur neuvième Sakhara en épiçait les contours : il y a autant à jeter dans le dans le tourisme de masse que dans les exportations chinoises.
Sur la plage, dans une solitude reconquise je songeais plus tard à deux solutions d'ingénieur que je souhaiterai vous soumettre :
- Tendre un filet au dessus de l'Egypte pour mettre un terme à la grippe aviaire et empêcher les avions d'atterrir.
- Construire un Louxor II (*) dans le Larzac afin d'empêcher le demi-million de français qui visitent le pays chaque année de dépenser 700 kilos de dioxyde de carbone à chaque voyage et de polluer ma plage.
J'attends vos avis.
A+ Je vous écris quand je trouve le Parisien et Capital au kiosque de Zamalek
* : comme il existe un Lascau II14:35 Publié dans Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : plage
mardi, 24 juin 2008
#84 Ras 1- Une solitude infinie

Ras Sudr. A trois heures de la capitale l'évidence de l'éloignement questionne l'existence d'autres lieux, elle repousse les contours du plateau du Sinaï que bordent à l'est et à l'ouest des moignons de mers. Au nord une mer si peu mer qu'elle est une mer intérieure constitue son autre frontière : à dix millions d'années près le Sinaï n'existait pas.
Le Ramada, ex Hilton, ex gloire des brochures exhibe les plaies du temps. Victimes de l'attente infinie les palmiers confondent leurs tons fauves dans le sable ; les pelouses déguisent leur agonie et les disques que trace un soleil immuable simulent une rousseur joyeuse comme un tapis de Twister.
Le temps sédimente en collines et en vagues aux pieds des margelles et du seuil des chambres ; il sédimente sous les meubles et donne un après rêche aux draps : au Ramada seule la vitesse à laquelle le vent érode le Sinaï et la prégnance de l'odeur de poussière mesurent le temps.
A+ je vous écris quand le Patron m'offre une nuit gratuite pour ma pub
10:25 Publié dans Sea sex and sun, Shopping | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : beach, vacances, egypte, soleil, amour, farniente

