mercredi, 02 juillet 2008

#87 Droles de Dames en foulard

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Si je portais des gants toute la journée je ne me laverai jamais les mains.

Pourtant dans ce pays où la dévotion et la pression des pairs généralisent le port du voile l'invraisemblable étalage de shampoings de Carrefour Maadi ferait pâlir d'envie les Drôles de Dames.

Cet indécent étalage me rassure : le marketing cette tête de pont du libéralisme qui nous souffle d'acheter ce dont nous n'avons pas besoin  triomphera toujours.

A+ Je vous écris quand j'écris une chronique identique sur la mousse à raser

dimanche, 22 juin 2008

Une respiration (5)

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A l'aventure première, habiter au Caire, cette chronique m'aura forcé à ajouter un second danger : celui du voyage au centre de la mode.

L'exploration des arcanes de la hype m'a transformé en fashion victim au sens entier du terme quand autours de la marmite dans laquelle nous frémissions mes knickers et moi, dansaient les mannequines anorexiques, les gourouses de la hype, les prêtresses de l'accessoire, les diablesses du Prada, les staliniennes du chiffon. Elles proféraient un charabia branchie-branchouille et des incantations nèo-bobo en attendant la fin de la cuisson ces amazones de l'ultra trendy.

Parce que j'ai voulu leur souffler les mots de la fashion nous nous sommes disputés comme des chiffonniers et le torchon brulait entre nous il y a une heure encore : elles en ont fait tout un sac.

- Sac à patate" éructaient ces aficionados du trench. Je crachais :

- Anoréxiks du chik ! Garces de la grâce ! Satrapes de la sape !

Nous nous calmâmes.

Je leur proposai d'échanger mes mots contre les leurs. J'en ai sorti deux ou trois de derrière mon jabot, elles ont fouraillé dans leurs guêpières et nous avons ensemble étalé comme au scrabble : le trahah, le spencer, le turban, le tartouche, le perfecto, le qatba, la ballerine, le cache cœur, le sofra, le zip, le khol,  sans oublier les mots de la couleur du désert à midi: gorge de pigeon que m'a soufflé un site internet pour classe de troisième.

Cette semaine je vous emmène à Ras Sudr où j'ai pris mes quartiers d'été à bord de ma planche à voile ancrée là : le Néfertiti III.

PS: Voyage inutile que ce voyage au pays de la mode puisque France 24 cette semaine a très efficacement résumé mon propos.

samedi, 21 juin 2008

#83 La mode au Caire 8 - La huitième note

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Une panne ! J'ai callé au moment de passer la huitième note.

Je voulais raconter Séquoïa cet endroit où confier les clés de son Porsche Cayenne au voiturier est un must.

Je voulais surtout raconter le vol d'étourneau des filles s'engouffrant le vanity case en remorque depuis leur taxi vers les toilettes sitôt passé le cerbère à l'entrée. Là elles se déguisent en occidentales avant de s'essayer à la séduction autours de shisha et de sushi, tous atours dehors.

Pas de chute, pas de point de vue, pas de vocabulaire, pas d'émotion cette note m'échappera pour toujours car franchement l'idée de me taper Maadi-Zamalek pour aller prendre en photo l'illustre de l'article et attendre trois heures mes pates me soulait grave à la sixième mouture la vacuité du manège des princesses et des parvenus demeuraient sinistre.

A+ Je vous écris quand mon sponsor me paie un hélico

 

vendredi, 20 juin 2008

#82 La mode au Caire 7 - Un coffre à bisous

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Les true fashion victimes du Caire et d'Alex s'imaginent égéries du dance floor devant des garçons en marcel. Elles ré-inventent l'Egypte de papa et arborent des paupières arc en ciel et des tenues lamées en écaille de sirène.

Dernier rempart d'un monde révolu elles affichent leur joie capiteuse. Leurs robes gainent leur corps et montre ici, là, là encore, leurs appétits de vie Leurs sourires et leurs œillades chantent Damas, Beyrouth et au-delà Istanbul.

Elles sont belles lorsqu'elles roulent des épaules et que leurs poitrines tremblent ces bourgeoises que la morale rampante promeut leader de la résistance. Elles ont cinquante ou soixante ans et des maris pas cons mais ces dinosaures de la transe ne se reproduiront plus et il faudra attendre un nouveau Spielberg ou un Youssef Chanine pour revivre à l'écran les Aventures de Cairo Park.

A+ Je vous écris quand je retrouve mon remix de Dalida.

jeudi, 19 juin 2008

#81 La mode au Caire 6 - Une malette pour les poulettes

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Quelle arrogance que de prétendre plaire à Dieu quand on refuse de plaire aux hommes ! Comment les emballer quand on s'habille d'un sac ?

Parce qu'elles cultivent le fashion du détail, elles transforment les males en fétichistes du bout de la running, en adorateurs de la gourmette, en accros de l'œil en cage, en maniaques du poignet, en inventeurs du tombant sur les seins. Je n'ose imaginer les torrides rencontres entre les pervers de la running et les fondues du noir.

Ces folles de la glam, ces compulsives du chic, ces tatillonnes de la fashion, enflamment le podium tous les jours. Vous dites nippes elles répliquent émotion, vous dites fringues, elles rétorquent évocation, vous dites chiffon, elles clament suggestion, vous dites rétrograde, elles sourient vintage et revival car de savoir déjà ce qu'elles mettront samedi soir dans deux mois leur confère une assurance infinie.

A+ Je vous écris quand j'ai trouvé comment assortir ma cravate et ma chemise de demain.

PS1 : j'aurais du écrire ce genre de blog, les illustres y ont plus de mordant.

PS2 : Assortir cravatte et chemise, tailleur et chaussures, jean et T shirt, legging et tunique vous tyranise-t-il ?

mardi, 17 juin 2008

#79 La mode au Caire 4 - Un vestiaire des familles Versace

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City Star, un temple du fashion en ville avec son allée des reines, son labyrinthe, ses corridors et son passage étroit car le chemin qui passe de portant en portant ignore la linéarité.

Caire Accueil organise chaque rentrée une initiation tant l'endroit requiert un décryptage ; on murmure aussi qu'un éditeur travaillerait à un "City Star pour les nulles".

Refuge de l'homme et la femme musulmans et chics on y trouve les habits qui font les moines, des jeans Guess à cinq cents euros, des lunettes D&G à trois miles livres et des foulards et des foulards et des foulards. Il s'y vend plus de foulards que de pantoufles à Meudon, que de mini-jupes à Nice, que de sweat à capuche à Aubervilliers mais la supériorité de City Star sont ces deux étages consacrés à la nourriture grasse et rapide : autant que pour la fashion.

Dans ce paradis de la famille arrosé de sauce tomate au sucre, il m'arrive de souhaiter que l'emprisonnement des corps dans le corset de la morale perdure car une liberté retrouvée n'avantagerait personne tant elle dévoilerait les dégâts du mélange foul-burger.

A+ Je vous écris quand je retrouve l'appétit.

lundi, 16 juin 2008

#78 La mode au Caire 3 - Un vestige dans le vestibule

876251a1cfb4a62b963c4fd10d75ba24.jpgB et moi bavardions dans la rue, le monde, les gens, les gouvernants, ceux de son pays, ceux du mien, les filles, les filles, le réchauffement climatique, avant, avant, les filles, les filles.

Nous avions baissé le ton car un policier veillait non loin de là car dans les rues du Caire un policier veille toujours non loin de là et nous baissons toujours le ton dans ce cas là. Que très probablement son vocabulaire arabe ne dépasse pas six cents mots, que son anglais n'en contienne pas vingt ne changeait rien à notre défiance -- à notre paranoïa ?--.

Nous avons poursuivit l'échange. Notre ami G se mariait cette semaine là à Beyrouth cette ville en guerre civile, les filles encore, les filles, EUX, les filles, EUX. La conversation s'éternisait --allions nous parvenir à changer le monde depuis notre bout de trottoir ?-- quand dans un cri B, cairote depuis Ramsès II et Farouk et Dalida, lâcha :

- Sais-tu que ma mère se baladait dans les rues de cette ville en micro-jupe sans que personne n'y trouve à redire ?

Qu'il emploie micro-jupe pour mini-jupe dans cette contrée où mini-bus se prononce micro-bus vainquit mon incrédulité.

A+ Je vous écris quand le pays de B cesse de le faire pleurer

PS: l'image n'est pas celel des nouvelles forces de polices cairotes mais provient du film cruising cité dans ma note précédente.

dimanche, 15 juin 2008

#77 La mode au Caire 2 - Un dress code codé

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Avant que la peste noire ne décime leurs rangs au début des années quatre- vingt les garçons New Yorkais battaient aux poches de leur jeans le pavillon de leurs passions. Un foulard de couleur confiait au vent leurs gouts et affichaient des choix que seuls les initiés reconnaissaient.

Je ne doute pas qu'un code identique régisse le port du hijab des gamines cairotes ; la façon dont il dévoile ou pas le lobe de l'oreille, le nombre de mèches auxquelles il accorde la grâce du soleil, la forme du nœud et sa position dans le creux de la nuque.  

J'imagine le code. Une mèche à l'oreille : "je w…" Le lobe gauche apparent : "je y…" Les fontanelles découvertes : "je z…" pour ne mentionner que les pratiques les plus rares car je devine que lorsqu'amour et fashion se mêlent, lorsque la répression les pimente, les initiées cruising dans les rues du Caire déclinent du ף au ي en trente-trois lettres l'alphabet du péché en attendant que la peste noire ne décime leurs rangs.

A+ Je vous écris quand je trouve un abécédaire illustré ou si les filles s'habillent à l'encre sympathique.

 

samedi, 14 juin 2008

#76 La mode au Caire 1 - Une sacristie du sacré profit

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J'aurais pu faire postier, gendarme ou chirurgien ; j'aurais pu faire caissier chez Carrefour, pilote chez Easy Jet ou coursier chez DHL car les logos et les lisérés et les galons de leurs uniformes explosent, sonnent, flashent et finalement pulvérisent l'œil du passant quand l'habit du sacerdoce que j'endosse chaque jour pour prêcher les vertus du travail attristerait même un croqueur de mort.

Seules trois professions partagent cet habit : les ingénieurs, les présidents français et les gardes du corps de star mais chacun sait LA compensation du second, mais chacun fantasme les compensations des troisièmes.

Je me voyais fashion victime, un Lagerfeld de la mondialisation,  un JPG du profit, un Galliano de l'Oil & Gas mais les costumes sans couleur s'empilent dans mon armoire et quand se referment les portes ils se confondent avec la nuit : j'ai peur que la nuit du profit ne m'absorbe à mon tour.

A+ Je vous écris quand je transgresse et revêt un costume à rayures.