mardi, 28 avril 2009
Bonnes adresses

Ici les bonnes adresses, c'est de bon cœur. A partir de demain Mme T clôturera ma la revue du petit commerce des Lilas.
Boucherie Les Bruyères (Sté) 64 r Paris 93260 LILAS (LES) pour voyager dans le temps
La Brulerie des Lilas 64 r Paris 93260 LILAS (LES) pour voyager dans les mots
Fromagerie des Lilas 171 r Paris 93260 LILAS (LES) pour faire le bien
Thomann Romain 8 bd Liberté 93260 LILAS (LES)
Ikerchalene Najim 163 r Paris 93260 LILAS (LES) pour la moutarde, le gruyère rapé et tout ce dont en parle jamais sur les blogs.
Krys Optique des Lilas 138 r Paris 93260 LILAS (LES)
Et puis il y a madame T rue de Paris, elle vend des cahiers des années 70, madame S rue de Romainville, elle fabrique des ourlets et rénove les jupes, monsiuer D, monsieur F, mister X, mister minute le champion du monde deu ressemelage.
Ensuite, puisque je viens d'apprendre à jouer avec les liens hypertexte l'article du monde suivant continue de m'interroger.
http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/24/2008-an...
15:31 Publié dans Cuisine, Epilogue, Shopping | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les lilas, nicolas, cru, vin, boulanger
vendredi, 28 novembre 2008
Alger Epilogue (2/2)

J'ai moins peur de ces bombes que de cet individu qui sur un vol Paris-Nice intima à la dame devant moi :
- Otez vos chaussures !
- Otez vos chaussures !
- Otez vos chaussures Madame !
La dame est sourde mais un geste accompagne la troisième injonction. J'interviens :
- Vous savez je doute que cette dame transporte une bombe ou de quoi détourner cet avion !
Le type :
- Vous vous y connaissez en sécurité ?
- Heu non ! Simplement cette dame pourrait être votre arrière grand-mère.
- J'applique les consignes !
- Oui mais elle pourrait être ma grand mère à moi !
- Et alors !
- ….
- C'est pour votre sécurité Monsieur.
Je n'ai pas osé dire "ça me fait drôle qu'on demande à une arrière grand-mère de retirer ses chaussures". Une petite lâcheté. J'avais peur de me retrouver en slip dans un box avec trois matons palpant les ourlets de mon pantalon à la recherche de lames de rasoir.
Ah les consignes ! Ah les ordres ! La lâcheté des faibles, l'alibi des salauds ! Ils vous aligneraient tout ça en deux colonnes ces indigents du discernement, à gauche les valides, à droite les malades et les vieux. Cinq ans plus tard sur le banc des accusés ils ne se souviendront que des ordres appliqués.
- Plus vite !

Entre nous un vrai danger ces vols Paris-Nice. Un vol sanitaire en vrai. Quand les pilotes voleront jusqu'à soixante dix ans les passagères continueront à draguer les jeunots aux commandes. On risque de mourir étouffé sous une peau de vison ou assommé par une cane tombée d'un casier à bagage. Trois heures pour nettoyer l'avion ! A la fin du vol des dentiers trainent sous les sièges, certaines y oublient leur châle, d'autres leur perruque. Des flaques tachent la moquette : essayez de boire à 10 000 d'altitude quand sucrer un café au Flore est déjà un défi.
Si je vous assure il ne s'agit que d'eau.
J'ai voulu en avoir le cœur net et écrivit au ministre. Madame LE Ministre tient au genre ai-je lu sur un blog. Son directeur de cabinet m'a répondu. Madame le Ministre n'est pas responsable. Air France non plus ils me l'ont confirmé ! ADP retient sa réponse. Qui donc alors a donné l'ordre de tyranniser les grands-mères et les touristes japonaises dans nos aéroports ?
Les retours à Paris CDG sont pires. Des queues interminables. Au bout trois fonctionnaires sympathiques mais débordés prétendent contrôler le flux. Souvent je me suis demandé pourquoi nos visiteurs n'exigeaient pas de rentrer dans leur pays avant même de franchir les barrières de Roissy.
Lundi je démarre une série de feuilletons. Le quotidien. Des recettes de cuisine. A ma mode. On commence par la cote de bœuf en cuisson lente, ensuite on verra.
A+
09:00 Publié dans Alger, Epilogue, Intermède | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 22 juillet 2008
Epilogue - Ji moins zéro
Ben voilà. C'est fini. Ben voilà quoi.
Ça aura été super de vous imaginer lire ces notes, de vous inventer, de deviner les auteurs des commentaires laissés ici et là. Merci aussi à ceux que j'ai croisé en live.
La mondialisation ne laisse comme alternative que de devenir pierre ou d'être déchiré.
En attendant je pars retrouver les miens, mon épouse, mes deux filles pour des vacances aux antipodes du Caire : la Haute Savoie.
Je continuerai l'aventure de ce blog à partir du premier septembre et vous emmènerai alors à Alger. Ces notes seront diffusées en différé, qu'importe : certaines choses ne changent pas.
Soyez là.
A+
10:25 Publié dans Epilogue | Lien permanent | Commentaires (6)
vendredi, 18 juillet 2008
#97 Epilogue J-2 Léonard m'emmerde

Depuis trois mois ce blog brandit la bannière de Jérome Bosh. Pas un lecteur ne s'étonnait jusqu'à ce que F lance :
- Mais ça n'a rien à voir Jérome B et le Caire !
Wiki la docte nous informe "L’enfer se mêle au paradis, et le satirique à la morale. On y voit sa préoccupation pour l’humanité corrompue condamnée à l'enfer éternel pour avoir tourné le dos à la loi divine."
Garçon simple, j'aime la joie immuable des diables de Jérôme lorsqu'ils rôtissent un égaré ou empalent une nymphe. Dans ce monde sans certitude leur plaisir à accomplir leur métier et leur aptitude à faire le mal quoi qu'il arrive me réconforte car leur Maitre a affranchit ces affreux de la contrainte du remords et de l'aiguillon du bien.
- On peut compter sur eux c'est sur !" me glisse B.
- Et le rapport avec le Caire ? Toujours pas ? " rétorque F.
Que sais-je ! La multitude, la jovialité, l'obsession du péché et l'appât du paradis, cette ultime tentation, la multitude encore, cette vie grouillante et informe dont l'examen à la loupe ne permet pas d'y discerner un sens tant les électrons de la survie Cairote manquent de cohésion, l'hétérogénéité des passions, la profusion, l'appétit formidable des bougres, de leurs victimes harpies. L'extase des élus.
Si Jérome B. était un contemporain de Léonard de V. l'ingénieur gentil ils n'étaient pas spectateurs du même siècle, celui de Léonard m'emmerde quand le chaos cairote m'emplit d'une joie d'enfant.
PS : A quoi ressemble votre siècle ? Etes vous plutôt visage de Madone en Toscane ou plutôt bougres et nymphes rôtis au barbecue ?
10:10 Publié dans Epilogue, Le Caire, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 17 juillet 2008
Epilogue J-3 - Cent trois kilos d'amour
Un chameau décollerait à cent pieds au dessus des palmiers et inventerait des oasis roses avec la moitié de la dose d'euphorisants que H prend chaque matin avant d'arriver au bureau mais H dépérit de jour en jour.
Le concept d'aliénation par le travail lui demeure étranger et tout le talent que l'Actionnaire a mis en moi ne parvint jamais lui faire réaliser la chance qui lui était donnée de créer de la valeur. Malgré un an passé à mon contact H croit encore que le stress ne s'applique qu'aux poutrelles métalliques car H appartient au monde des poètes, des humanistes et des grands dévots. Surtout H appartient au monde des amoureux.
Je l'ai percé dès notre première rencontre. J'ai deviné sous son faux air de dur une Mlle Jeanne endormie à Bab el Zouellia ou à October 6th, j'ai su son cœur de biche et j'ai ignoré sa carapace de dévot en attendant de révéler enfin le Gaston G qui sommeillait en lui.

Imaginez un Gaston G que quatorze siècles de religion refouleraient : il est des outing moins douloureux.
Durant une année j'ai observé H bouger des papiers de gauche à droite, bouger des papiers de droite à gauche, bouger des papiers tout court ou ne pas bouger de papier du tout quand des périodes d'absences conséquence de sa douleur figeaient la transhumance des papiers et lui donnait un regard de teckel, un comble pour un bon musulman tel que M. Il aura fallu une année pour que M me révèle son drame : sa Mlle Jeanne en a aimé un autre plus riche que lui et s'est marié avec cet autre, ce salopard. Un vraie mine à téléfilm et si j'ai déjà vu une histoire identique à cinq reprises sur TV Nile je ne peux empêcher mes larmes à chaque fois.
Cent trois kilos d'amour ça en fait de la douleur, ça en fait des larmes et des colères froides et des coups de pieds dans des emballages vides et des sourates à tue-tête quand le bureau est vide. Cent trois kilos d'amour ça force le respect, ça invite au silence, ça contraint à l'empathie.
Quand ce bébé de vingt-sept ans qui vit encore chez sa maman s'est confié à moi, j'ai compris qu'il était temps de retrouver les miens : la confiance que les autres nous accordent est une bénédiction autant qu'une responsabilité, elle livre le confesseur au confessé autant que le contraire et je ne savais que faire De 103 kilos d'amitié naissante que les aléas de la mondialisation forcément déchirerait un jour.
Je regretterai H et aussi M et G et J et Mme H et Mlle Z et Ingénieur T et la farandole des lettres de l'alphabet du bureau quand la première lettre de leur nom ne sera plus que l'enluminure de mes classeurs suspendus.
11:33 Publié dans Epilogue, L'Actionnaire | Lien permanent | Commentaires (4)
mercredi, 16 juillet 2008
Epilogue J-4 - Une famille d'adoption

Je vous entends déjà !
Vous avez ouvert ce blog comme dab, une demi-tasse de café froid posée sur deux dossiers en attente trône à coté de votre clavier et menace pour le seconde fois du mois de noyer des mots morts nés. Au lieu de l'image d'un gamin des rues ou celle d'usine, vous tombez sur cette bande hirsute et en short !
Vous vous promeniez sur la toile parce que la fin de Wimbledon vous a laissé dans un état de total vacuité, vous cherchiez des informations pour offrir une croisière sur le Danube à vos parents et de fil en aiguille, cette expression désuète qui signifie surfer, vous atterrissez là devant cette bande hirsute et en short !
"Ouh là là ! Il va nous la faire à la Beneton. Une belle photo, trois visages et hop il croit pouvoir nous la jouer multiracial et pluriconfessionnel !"
"Qu'est-ce qu'il vend ?" s'inquiètent les plus paranoïaques
"Ouh là là ! Il va nous la faire genre valeurs du sport, genre dépassement, genre la gagne à tout prix, genre footing présidentiel les Ray-ban en miroir et François F en remorque (1). Comme si on allait pas être saoulé à la sueur (2) pendant tout le mois des JO"
Ne partez pas !
Ne partez pas car je veux vous raconter ma famille.
Cette image est celle de ma famille d'accueil à moi l'orphelin de la mondialisation, le divorcé de l'Actionnaire. Je concède que cette arche de Noé du running abrite une bouddhiste, un chirurgien et une azerbaïdjanaise mais nul comité de sélection ne veille aux respects de quotas. Pas de logo, pas de registre pas de web site, pas de cotisation, pas d'organisation. Pas d'accros à la sueur ni de fanas de la douleur, ni de ces camés du bitume aux neurones cramés par l'endorphine. Juste des potes, ma famille d'adoption, une famille accueillante et généreuse avec ses secrets et ses tabous et ses drames récurrents et ses chapelles et ses disputes homériques sur des points dérisoires. Puisque nous sommes d'accord sur l'essentiel autant se déchirer sur la mesure du tour de Zamalek et sur la nécessité ou pas de réduire la charge de travail avant un marathon. Une neuvième symphonie du jogging ! Donnez nous l'ONU et nous vous transformons le monde en réserve de pandas.

Nous partions chaque vendredi vers 6h00 en été un peu plus tard l'hiver pour une course de deux heures à Maadi, à Zamalek, à Katameya, sur les hauts de Mokatam et ce dessert : Sakahra-Dashour au travers de la palmeraie. Ensuite nous rompions le jeune en partageant ce que chacun avait amené et bavardions jusqu'à midi.
Les premiers temps ces petits déjeuners m'effrayaient. Imaginez vingt sportifs. Le jeune et l'effort ont liquéfié leur cerveau. Imaginez la salive perler aux commissures de leurs lèvres tandis que le foul se laissait préparer, un foul des familles réchauffé à petit feu et agrémenté de champignons, de gruyère et de cubes de tomates du delta (3). Une salive de coureur à pieds au vingtième kilomètre, une salive qui tapisse les muqueuses et scelle les gosiers. Imaginez vingt cultures et autant d'appétits refoulés mépriser les conventions de leur monde. Tel mangera avec sa main gauche, telle oubliera de laisser une main posée sur les genoux, tel n'attendra pas que le dernier convive soit servit avant de rompre le pain. Imaginez les se ruer sur le repas jeté au hasard et arracher des copeaux de galette et griffer la croute d'un gâteau et gober des verres de jus d'orange. Imaginez votre banquier, votre infirmière, votre réparateur télé déguisé d'un short déchirer avec les dents l'emballage d'un paquet de biscuit sec : ces bêtes m'ont longtemps interrogé sur la condition de l'homme lorsque ses besoins le gouvernent.

Un quart d'heure après ce tsunami, un quart d'heure, la mesure du temps pour que sucre trouve le chemin de l'estomac au cerveau et se répande comme un fixe au travers de neurone, les mêmes se moquaient de leur voracité et par groupe de deux de cinq de dix échangeaient les nouvelles de la semaine. Alors la vraie vie commençait et s'éternisait jusque midi.

Je retrouverai ces cousins l'année prochaine à Copenhague. D'ici là je penserai à eux quatre fois par semaine en enfilant mes New Balance.
(1) A la relecture c'était le bon temps quand Nicolas S tentait de semer François F dans les cotes à Brégançon l'an dernier au lieu de s'accrocher à la pente des sondages. Cet été en comparaison nous offre un mal de dos persistant et deux trois trucs pas terribles dans le pays. Je crains l'été prochain.
(2) De sueur et d'urine parce que ces temps ci on ne sait plus parler de sueur sans aussitôt parler d'urines.
(3) Notre cœur est Egyptien mais notre palais est international08:19 Publié dans Epilogue, Le Caire, Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Fayoum, 100k race, waadi digla

