mercredi, 09 septembre 2009

Anglatérie

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Après 82 jours, S songeait qu'il avait achevé son adaptation à l'Anglatérie.

L' histoire de John-John se poursuivra chaque vendredi entre temps j'intercalerai quelques intermèdes. Bonne lecture. A+

21:32 Publié dans Divertissement, Intermède | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : blog

mercredi, 15 avril 2009

Un boucher comme un autre, fin

En préparant les illustres gores de ma petite histoire de boucher je songeais à la pornographie des murs des églises, pas un endroit où emmener des enfants à par pour en faire de petits Lynch de petits Tarantinos  de petits dutrou.

Puis de boucher en aiguille et cerné par la crise je mis dans le même panier le boucher d'anthologie de cette vidéo, la violence de notre instant d'histoire, la précarité des carcasses de barbaque: mon petit quart d'heure café du commerce.

vendredi, 06 février 2009

La lecture du monde

La lecture du monde en date du 16 janvier m'a réjoui. Sous l'effet d'une semaine de sevrage chaque manchette ouvrait cent nouveaux horizons. Sans doute flot d'information radiophonique auquel je m'abreuve sans discontinuer me prive de gouter la saveur des chapeaux, ceux que nos dirigeants nous forcent à avaler, ceux des gros titres.

Ce Monde du 16 janvier est paru le 15 à Paris mais je ne l'ai reçu techniquement que le 18 à Shangaï à zéro heure zéro sept.

D'abord ce Monsieur François Kober, 56 ans dont 25 en tôle sortira de prison à la fin du mois. Sa  déception de devoir abandonner le combat qu'il mène contre l'injuste bêtise de l'administration pénitencier lui vaut une page entière.

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Il aura fallu que Monsieur Jean Sassi décède pour que j'apprenne qu'à 25 ans il faisait le coup de poing derrière les lignes allemandes, qu'il commanda plus tard un commando de 2000 moï en territoire Viet Minh avant de finir à moitié fou parmi les trophées d'une vie de l'autre siècle. J'invente le moitié fou de ce personnage à la Malraux pour en faire un nouveau colonel Kurtz. Ce moitié fou ne figurait pas dans la nécrologie du monde mais comment pourrait-il en être autrement ?

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J'apprend aussi que manger végétarien est bon pour la santé, qu'il n'y aura pas de tour de mille mètres, que la crise est peut-être encore devant nous (page 16), que la crise est peut-être déjà derrière nous (page 13) et surtout que des sangliers ravagent Berlin à tel point que la municipalité lance dans les rues de la ville des chasseurs entre trois et quatre heures du matin.

'Les sangliers sont entrés dans Berlin'

(Page 4)

Ich bin in Berliner et je m'identifie. J'imagine sortir d'un bar à pas d'heure et tomber nez à groin avec un autre solitaire dans un Paris dévasté par la bêtise et livré aux bêtes. Des souilles aux Luxembourg. Des bauges au parc Monceau  tandis que les hardes impunément traverseraient le boulevard de Sébastopol.

J'imagine les troupes à fusil à lunette autorisées à tirer pour tuer avec leur cache-oreilles et leurs bottes de saut. Je les vois se cacher derrière les édifices Decaux. 5000 sangliers tués l'année dernière à Berlin, 27000 reconduites à la frontière de France., un demi-million de garde à vue en 2007-2008 selon le dernier rapport connu et l'absence de statistiques sur les violences illégitimes.

Que l'aéroport de Shangaï Pudong soit propre, accueillant, qu'il n'y ait pas de queue interminable aux contrôle de police ne m'a pas surpris.

Etre acceuilli chaleureusement par un policier en anglais, être invité à presser l'un des quatre smilles de vote :

Très content,

Content,

Mécontent,

Très Mécontent,

après avoir quitté le kiosque du policier des frontières m'a surpris.

Et si nous, citoyens de notre modèle de démocratie avions le droit de noter nos forces de l'ordre lorsque nous déposons une plainte, lorsqu'ils contrôlent nos papiers, pénalisent nos excès, nos rebellions,  nos fautes, nos infamies, puisque même lorsque nous enfreignons la loi de la plus ignoble manière nous demeurons au moins jusqu'au jugement des citoyens à part entière ?

 

 

mercredi, 04 février 2009

De sales momes

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L'avènement de la distribution électrique sans fils a épuré la demeure familiale. Auparavant les fils courraient le long des plinthes, rampaient sous les tapis, se lovaient sous la table du salon avant de s'agripper au pied du guéridon de l'entrée pour grimper vers la télévision, la lampe halogène, la chaine stéréo et le batteur multifonction rouge.

Depuis que les faisceaux électriques trouent l'air des pièces en tous sens pour  alimenter de leurs rayons les appareils électroménagers la maison a retrouvé sa sérénité. En particulier l'entrecroisement des rayons a forcé Marie, la petite Julie, Joachim, Zoé et le regretté Lucas à modérer leurs jeux.

Un soir de mars de l'année dernière, Lucas, Marie, Julie, Joachim et Zoé jouaient à cache-cache-maillard dans le séjour. Ne me dites pas qu'il s'agit de jeux différents !

- Je vous ai dit cent fois de ne pas inventer de nouveaux jeux ! Il en existe déjà bien assez comme ça! " leur serinai-je trois fois par jour.

Je consultais les horaires du  Paris-Dijon sur sncf.com tandis qu'un rayon remplissait mon portable d'une saine énergie.

- Sept, six, cinq, quatre, trois, deux, uns, J'y vais" hurla Lucas du plus fort de sa minuscule voix en se précipitant à la recherche des autres.

Il n'a pas fait trois pas. Pris entre les feux croisés de l'alimentation du grille pain et celui de mon ordinateur portable ce fan de techtonique s'en tortillé un moment sous les yeux de ses frères et sœurs que les cris et l'odeur de salopiot grillé avaient poussés hors de leur cachette. Puis comme les disjoncteurs dont j'avais modifié la temporisation coupaient enfin l'alimentation il s'est effondré comme un sac de vieille malfaisance.

- Je vous avais déjà dit de ne pas courir dans tous les sens quand je travaille !" ai-je lâché à ma troupe enfin attentive.

lundi, 26 janvier 2009

Les rasoirs bics 2/5

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Une lame

 

Une seule lame: le voici classé parmi les précaires et les mal payés. Cette chair à canon de l'Actionnaire est statistiquement la plus nombreuse. Elle est la plus nombreuse parce que si dans notre pays les riches étaient plus nombreux que les pauvres cela se saurait. Elle est la plus nombreuse parce que l'instabilité mine les  machines à une lame : dès que ces monstres sentent faiblir la main qui les guide ils s'enfoncent dans la chair et marquent chaque erreur d'un trait sanguinolent. Les machines à une lame tracent leur score avec des bâtons de sang. Je porte encre les cicatrices d'un 6-0 pour le rasoir d'un lendemain de fête auquel s'ajoutait le stress d'arriver en retard chez l'Actionnaire, un retard consécutif à l'oubli de mettre en service mon réveil. Une telle défaite présente un avantage certain : arriver au travail le visage ensanglanté met les rieurs de votre coté et laisse les plaisanteries fuser.

Je vous les épargne.

A cette classe de soutiers se joignent quelques demi-dieux rejetés de l'Olympe du rasoir à cinq lames: les nouveaux divorcés, les célibataires géographiques, les étourdis, ceux qui ont oublié de racheter les précieuses cartouches et qui un beau matin se retrouvent forcés d'emprunter le rasoir de secours de leur compagne et les radins. Il faudra longtemps pour que ces nouveaux abonnés du rasoir unilame-univoque jetable maitrisent l'instrument.

Ces rasoirs mono-lame m'offrent une occasion unique de préférer la radinerie à l'étourderie. Le miroir de leur salle de bain confronte les pingres de l'accessoire de toilette à leur reflet chaque matin mais la mesquinerie ne laisse pas découvrir au premier regard. Au pire  laisse-t-elle sur le miroir de la salle de bain ou sur celui du couloir de l'entrée, ce miroir de la dernière chance, quelques propos rageurs tracés au rouge à lèvre.

"Adieu sale con"

La condition des étourdis est pire.

Les miroirs des salles de bain des étourdis, celles des amoureux du premier matin, renvoient l'image d'un homme dans la pire des humilités, le visage à moitié recouvert de mousse, le front barré de rides de concentration le ventre caché par une serviette. Dans la main velue du géant un rasoir bic jetable. ROSE. Pour éviter qu'hommes et femme ne confondent leurs rôles le grand Marketing à inventé les rasoirs roses pour les poulettes et les bleus pour les males. Pas un fuchsia politiquement acceptable et décalé pas rose indien exotique et franc mais un rose mièvre et honteux, un rose de roman-photo.

Le ventre caché par une serviette…

Je me rase nu et vous ? Pas par coquetterie, pas par narcissisme mais par gout du pratique. Pas par immoralité mais parce que la pudeur dans la solitude me demeure étrangère. Je ne crois qu'à son contraire : la pudeur de la solitude. Cet instant quotidien surprend notre autre vérité, une vérité aux abdos relâchés, aux pecs raplapla, les oreilles encore flapies d'une nuit passée sur l'oreiller, au sexe en manque d'orgueil car bander en se rasant c'est la coupure assurée.

Croyez-moi j'ai essayé.

On ne dira jamais assez l'antinomie totale du rasoir et du sexe des hommes. Une antinomie reptilienne. Cette page et dix tomes ne suffiraient pas à détailler les images de chaos et de mort que suscite le rapprochement de l'un et de l'autre.

Glissez un rasoir rose dans la main du géant de ce tableau blafard et l'ensemble sombrera de la catégorie tue-l'amour à la catégorie pathétique.

(à suivre ...)

vendredi, 23 janvier 2009

Les rasoirs bics 1/5

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Les martiens n'imaginent pas ce que le marketing fait pour nous autres terriens. Chaque matin depuis mon retour les quatre lames jumelles de mon rasoir me font la bise. Ces grandes joueuses ont transformé ma gueule en terrain de jeu. Elles s'élancent du haut de mes pommettes et font la course. Elles dévalent mes joues, hésitent dans leur creux - le creux des joues des coureurs à pieds, ce défi aux rasoirs quadri-lames -, franchissent le saut de la mâchoire. Ensuite ces varappeuses de l'aube continuent en devers, accrochées à ma peau par leur seule volonté.

Six allers-retours bouclent l'affaire. Pas une once de mousse à raser ne demeure sur mon visage lisse comme la peau d'un bébé, lisse comme une autoroute. Les autoroutes, imaginez un scrapeur, un des ces monstres jaunes   que vous longez parfois lorsque l'Etat décide à élargir à trois voies la route qui vous emmène au travail chaque matin au mépris de la menace CO2. Les lames des scrapeurs raclent la surface du sol et enlèvent à chaque passage cinq, dix, vingt centimètres de terre. Je n'ose imaginer l'effet d'un scrapeur à quatre lames sur la couche végétale.

De quoi ramener la terre à sa virginité première, une terre biblique où courir nu en cueillant des pommes avec sa copine serait un must quand la terre de ce 21éme siècle ressemble de plus en plus à une peau d'orange.

Le bleu en moins.

Après le sixième aller retour mon rasoir bic quadri-lame dévoile son arme secrète, la bombe atomique du poil : une lame fixée sur le dos de l'engin apte à porter l'estocade au dernier survivant pileux. Les résistants s'abritent au bord des narines, durs et drus, dedans dehors ; ces talibans de la moustache utilisent la caverne du nez pour se camoufler. Ils ne savent pas que Bic vaincra toujours. La cinquième lame arrive et en deux mouvements précis comme le trait de l'archer, elle annihile la résistance. Je célèbre alors le triomphe de la cinquième lame sur la cinquième colonne.

Ensuite j'asperge mon visage pour enlever l'après que laisse la mousse à raser et en même temps vérifier la perfection de la tonte du jour. Je ne dois corriger la première passe que rarement: les cinq lames n'épargnent personne.

Il arrive que l'accident arrive.

L'accident n'arrive pas qu'aux autres et je croise souvent dans les ascenseurs de l'Actionnaire de ces balafrés du matin. Ces blessures de l'aube ramènent le rasé à son essence. Autant que la qualité du tissu du costume elles décrivent silencieusement une société pyramidale et malade. Pourquoi malade ? Ces plaies du matin que camouflent mal un lambeau de papier toilette, un morceau de feuille à cigarette, un trait de pierre d'alun, renvoient le possesseur du rasoir à sa condition, elles écrivent en clair et en dur sur sa peau le nombre de lames de son rasoir.

(à suivre ...)

mardi, 08 juillet 2008

#92 Téstostérone (2)

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Je pourrais vous mentir et vous écrire que depuis un an je ne m'alimente plus que de Maalox qui avec les amphéts et le Red Bull constituent l'essentiel du talent du cadre contemporain. Je pourrais ajouter que ce régime est le produit de ma frustration au travail mais pas du tout.

Je suis sous Maalox depuis un an parce que je prends des anti-inflammatoires depuis un an.

Je prends des anti-inflammatoires depuis un an parce que je cours tous les jours depuis un an.

Je cours tous les jours depuis un an pour me libérer de ma frustration au travail.

C'est pas du tout pareil.

A+ Je vous écris quand je reprends le roller.

 

dimanche, 22 juin 2008

Une respiration (5)

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A l'aventure première, habiter au Caire, cette chronique m'aura forcé à ajouter un second danger : celui du voyage au centre de la mode.

L'exploration des arcanes de la hype m'a transformé en fashion victim au sens entier du terme quand autours de la marmite dans laquelle nous frémissions mes knickers et moi, dansaient les mannequines anorexiques, les gourouses de la hype, les prêtresses de l'accessoire, les diablesses du Prada, les staliniennes du chiffon. Elles proféraient un charabia branchie-branchouille et des incantations nèo-bobo en attendant la fin de la cuisson ces amazones de l'ultra trendy.

Parce que j'ai voulu leur souffler les mots de la fashion nous nous sommes disputés comme des chiffonniers et le torchon brulait entre nous il y a une heure encore : elles en ont fait tout un sac.

- Sac à patate" éructaient ces aficionados du trench. Je crachais :

- Anoréxiks du chik ! Garces de la grâce ! Satrapes de la sape !

Nous nous calmâmes.

Je leur proposai d'échanger mes mots contre les leurs. J'en ai sorti deux ou trois de derrière mon jabot, elles ont fouraillé dans leurs guêpières et nous avons ensemble étalé comme au scrabble : le trahah, le spencer, le turban, le tartouche, le perfecto, le qatba, la ballerine, le cache cœur, le sofra, le zip, le khol,  sans oublier les mots de la couleur du désert à midi: gorge de pigeon que m'a soufflé un site internet pour classe de troisième.

Cette semaine je vous emmène à Ras Sudr où j'ai pris mes quartiers d'été à bord de ma planche à voile ancrée là : le Néfertiti III.

PS: Voyage inutile que ce voyage au pays de la mode puisque France 24 cette semaine a très efficacement résumé mon propos.

samedi, 07 juin 2008

#70 Richard Clayderman et l'arroseur du désert

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La délocalisation ne frappera pas. Il est des emplois protégés et futiles que les chinois n'auront pas. Celui d'arroseur du désert en fait partie.

Je m'imagine manageur des arroseurs !

Je m'imagine remplir des descriptifs de fonction et passer des entretiens annuels.

30 heures par semaine et la retraite à 40 ans !

Puis je postulerai au poste de chef des garçons d'ascenseur de Safarrat building. Ils travaillent de 9 heures à 14 heures pour éviter les heures de pointe, savent compter jusqu'à dix étages et occupent avec leur tabouret deux places dans une cabine qui n'en contient que six, mais leur principale qualité est d'avoir démonté les hauts parleurs des cabines pour jouer à la place de Sinatra, de Bing Crosby ou de Richard Cleyderman, les sourates enregistrées sur leur téléphone portable.

A+ Je vous écris quand je leur revends mes K7 de Ron Hubbard.

lundi, 02 juin 2008

Night Boat to Cairo

L'Egypte existait déjà au XXème siècle, pour preuve cette vidéo tirée de mes années de lycée.

Une manière de dire combien de la Rose pourpre du Caire, aux orchestres en tartouches, en passant par ces héros de la guerre des Etoiles les syths nommés en référence à Seth, après avoir inoculé au monde le baladi, combien l'Egypte s'impose à notre imaginaire. Dites moi ce que j'oublie !

L'Egypte contemporaine, libre, fière, progressiste,  saura elle garder cette puissance évocatrice ?

 

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