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samedi, 07 novembre 2009
Midi sonne à Kaboul

Midi sonne à Kabou
Ils sont partis en colonne le long de la route, le VABe à deux cent mètres derrière eux. Cinq mètres entre chaque homme, tous les dix hommes un espace de trente mètres en accord la procédure. Quand il est passé près de la bombe douze hommes étaient déjà passés sans encombre. L'artificier était caché dans un trou quand il l'a amorcée. Une simple bonbonne de gaz quand lui même porte sur lui de quoi acheter une maison, nourrir une famille une année et a envoyer les enfants à l'école durant dix ans. S'il y avait des écoles.
L'artificier -ce môme- se vide dans un trou à vingt mètres, le détendeur de la bouteille de gaz la rattrapé. Une fois sur deux les types sautent en même temps que leur engin ou bien y laissent une main. Aujourd'hui on lit à la grande marque de la paix :
Talebs : 1 - Réguliers : 1
Le colonel Reclain a fait le déplacement lui même, Un principe il visite les épouses de chacun des soldats de son régiment quand arrive ce qu'il nomme un problème : un blessé, un mort au combat, un malade. Vous appelleriez ça comment vous ? Elle savait avant même d'ouvrir la porte, personne ne sonne un mardi à huit heures et demi du matin. Midi sonne à Kaboul.
Il est entré dans la maison recroquevillée autour de son séjour, il lui a épargné le moindre bavardage avant de se poster au centre de la pièce les mains dans son dos, les pieds à un mètre l'un de l'autre dans cette posture que les militaires appellent le repos. Il lui a demandé de s'asseoir. Elle l'a fait avec la fierté d'une reine celte mais toutes les femmes enceintes ne sont-elles pas des reines ?
Sa main se pose machinalement sur son ventre sans savoir si elle cherche par ce geste à protéger son enfant ou bien à vérifier que son futur ne s'est pas soudain dégonflé.
-... , combat ... devoir ... nation...soutien... " et puis cette phrase magique "il est mort instantanément. Il était juste à coté de la bombe artisanale lorsqu'elle a explosé. Je peux vous assurer qu'il n'a pas souffert."
Elle, déjà veuve d'officier jusqu'au dernier millimètre de son carré, sa main gelée sur son ventre de future mère, une pupille de la nation sur ses genoux, l'autre debout devant elle et pétrifiée avant l'âge :
- D'autres de ses camarades ont été blessés ou tués mon colonel ?
10:48 Publié dans Des histoires ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, rage, amour

