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jeudi, 05 novembre 2009

Un caftan afghan

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Un caftan afghan

 

Reclain, cinq galons panachées aux épaules chef de corps sur ordre du Président a été clair lorsque le lieutenant Dominique de Perreisac a formulé sa demande de partir combattre les talebs:

- Attention de Perreisac. Si un de vos types se fait péter la tronche avec son fusil d'assaut en revenant du combat parce qu'il a le cafard ou fait une dépression post-combat, si un seul a une relation avec une locale ou seulement la regarde quand son frère est là, si l'un d'entre eux se fait sauter sur une mine ou si votre section est défoncée pendant une patrouille ou quand les prévôts inspectent le camp vous serez renvoyé en France et dans vingt ans vous serez au mieux lieutenant-colonel dans le train. Les insurgés, les zoulous, vos talebs c'est bien mais ne m'estimez pas les risques. Et puis vous savez un marsouin à 500 kilomètres de la mer ...

Lui a juste répondu "merci mon colonel".

Comment expliquer à ce rond de cuir que lui se voyait guerrier.

- Pourquoi tu veux aller là bas ?

- C'est bien pour nous. Regarde ! On ne peut ne pas vivre ici mille ans. On va avoir un bébé bientôt. Quand il naitra on aura déjà déménagé. Six mois Une rotation. Ce ne sera pas long tu sais. On peut se parler par internet une fois par semaine. Tu n'a pas à t'inquiéter. Fais-moi confiance. Je te ramenai une rosette et un caftan afghan.

- Je m'en fous des médailles. Ce sont des barbares. Des terroristes. Des talibans.

- Ce sont justement des talibans. C'est un peuple malchanceux. Je n'aurais jamais de combat plus clair : tu ne peux quand même pas dire qu'ils ne méritent pas qu'on les renvoie auprès de leur dieu chéri ces talebs non?

- Je préférerai que d'autres fassent cette foutue guerre. C'est ce que ma arrière-grand-mère à dit mon arrière-grand-père quand il est parti pour Madrid. Et ne blasphème pas s'il te plait.

- Il y est mort.

-Désolée. C'est pas ce que je voulais dire. Mauvais exemple.

- Double mauvais exemple. Je te rappelle que non seulement il est mort mais qu'en plus il était du mauvais coté de l'histoire.

Vingt jours de mission dont quatre passés dans une base à Kaboul à attendre un transport vers le camp. Aujourd'hui débutait sa première mission. Le reste de son temps il l'aura passé à simuler des raids sur des cartes à la demande du capitaine Deplèche, ce con-mon-capitaine le trouvait trop jeune pour franchir l'enceinte de barbelés. Deplèche a cédé au bout de dix jours quand il l'a courtoisement menacé de demander son rapatriement. L'adrénaline bouillait dans ses veines lorsqu'il a débarqué du VABe encadré par ses hommes, l'attente valait ce shot.

(à suivre ...)