« Un chasseur en veste de tweed épaule une Remington | Page d'accueil | Un geste prémonitoire »
mercredi, 28 octobre 2009
L'ombre de l'anesthésiste

L'ombre de l'anesthésiste
3h30 de décalage avec Paris. Ils ne sont même pas foutus d'avoir un décalage horaire civilisé ces batards, ces talibans !
Deux verres ne peuvent faire de mal au bébé. Pourquoi lui ? Quel lui ? Deux verres peuvent nuire la nuit. Deux verres luisent la nuit. Revers et vise le puits. Elle ne va pas se masturber encore ? L'exercice la laisse épuisée et nerveuse. Ça dure des heures, une corvée. Il faudrait une autre main que la sienne.
La brulure de l'alcool sur ses lèvres la rassure tandis qu'elle lit dans le fond épais du verre son histoire ; la vertigineuse hauteur du liquide multiplie les fragments des vies qu'elle n'a pas eu mais seules les vies qu'elle n'aura pas la blessent. La rotondité des contours reflètent ses futurs inventés : après minuit les solitaires trouvent aux verres de whisky des airs de mandalas, le lendemain ils y croisent le yin et le yang. Le surlendemain c'est le vin et le bang. Moins qu'une rêverie: une vapeur. Le trompe-l'œil promet la satiété mais la brulure lui refuse l'indulgence et la paix. L'aumônier est passé deux fois déjà. Que peut-il comprendre ce con ? Elle a raté sa vie avec un raté. Elle a taré sa vie avec un taré. L'anesthésie de l'ambre. L'ombre de l'anesthésiste. Elle aussi adorait les mots. Elle aurait du gouter plutôt aux alcools forts, dans les rallies ont ne servait que des punchs ou des liqueurs à base de noix de coco. Le cul du verre le culot le goulot. Elle aime cette morsure sur ces lèvres, ce réveil et cette atténuation.
- Arrête Dom. Arrête. Non attend. Continue. J'aime bien quand tu mords mes lèvres. Tu me fais mal !
- T'est bête pourquoi tu t'arrêtes ?
- Putain faut qu'on te dise tout ! T'es vraiment un con de mec.
Le psychologue de l'armée de l'amer est déjà passé deux fois. Un capitaine. Qu'est ce qu'il peut comprendre ce civil déguisé en guerrier ? Pédé gonzesse traitre. Taliban. Comme si une femme d'officier pouvait concevoir de prendre des pilules ! Elle n'est pas agent à la sécu ou prof d'anglais en ZEP. Elle est femme de guerrier bordel ! Il est mignon quand même cette tarlouze. Oche. Too oche. Un grand brun avec des mains à décliner Chopin et les sonates de Schubert sur l'ivoire d'un piano. Ou ailleurs. Bouge pas. Là. Continue. Imbécile pas là. Continue. Je t'aime. De toute façon deux grades au dessus de celui de son mari c'est un minimum pour coucher. En dessous c'est du vice. Au dessus c'est ambition et sacrifice.
- Là. T'arrête pas. Mais t'arrête pas putain. Salop. Tu comprends rien. T'es vraiment un mec. Continue t'es fou je t'aime. Salop de soudard. Insulte moi encore.
glennchosemactruc
Quand elle verse le glennchosemactruc contre les bords du verre le parfum rebondit au fond du récipient puis choque l'éclat des parois. Ses narines palpitent sous la griffure de l'alcool fort ; depuis combien de temps n'a-t-elle pas éprouvé telle attente ? La rencontre avec la mémoire fangeuse de bords de lac et de troncs échoués lui suffit un instant.
L'autre. Cette conne de journaliste. Michelet l'a envoyé. Un ancien amant de sa mère ? L'imbécile. Sa notoriété lui est montée à la tête mais à l'instant assise sur son canapé Smôrtög les pieds sur la table basse Vurtrüng le dos appuyé en arrière et déjà dans ses rêves elle est fière de n'avoir rien lâché. L'autre. Cette conne. Une fausse blonde en plus ! Salope.
(à suivre ...)
09:24 Publié dans Des histoires ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, rage, amour

