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samedi, 24 octobre 2009
Dieu m'accompagne

Dieu m'accompagne
- On y va Madame ?
L'autre acquiesce en cillant.
La journaliste a soudain honte de sa blondeur L'Oréal. Elle sait que l'autre sait. Comment ne le saurait-elle pas ? L'aimable impassibilité de l'autre l'irrite mais Michelet le chef de rubrique a donné ses consignes: "on la traite avec bienveillance, c'est un bon sujet je veux qu'on en fasse un fil rouge au cour des prochains mois. "
-Fil rouge mon cul, elle c'est plutôt ruban bleu". Elle replonge dans ses notes.
L'autre à la blondeur de celles tombées dedans lorsqu'elles étaient petites, une blondeur de jupes plissées et de gouters versaillais, un carré à porter des perles et rouler des pelles dans les rallyes. Elle est aussi discrètement enceinte, un petit rien de quelque mois, pas un de ces ballons de femme du Nord. Elle conserve malgré ce prodige de grossesse un teint de rose loin du masque des femmes de moindre naissance.
- Madame de Perreisac merci de nous accueillir dans votre maison de Saint Léonard. Nous sommes à quelques kilomètres du quartier Foch-Délestraint où votre mari servait jusqu'au mois dernier. Depuis presque trois semaines votre mari à rejoint le camp de Tora dans la vallée de l'Alasaï à deux cents kilomètres de Kabul. Qu'avez-vous ressenti au moment de son départ ?
- Je suis femme d'officier. Je suis mère de deux jeunes enfants, des bébés encore. Je n'ai pas à avoir de sentiments. J'accomplis mon devoir de mère comme mon mari accompli son devoir d'officier comme je suis sur que vous accompliriez le votre dans un tel cas.
- Le secteur de la Kapissa et plus particulièrement la vallée d'Uzbeen où seront déployés votre mari et sa section du 3ème régiment d'infanterie de marine comptent parmi les endroits les plus dangereux du pays. Peut être patrouille-t-il déjà avec ses hommes. Avez-vous peur ?
- Mon mari fait un métier qu'il aime. Je suis heureuse qu'il puisse servir dans ce combat contre la barbarie et l'obscurantisme.
- Vous m'avez confié avant cette interview avoir vingt-trois ans, vous êtes enceinte de votre troisième enfant, où puisez-vous votre force ?
- Le sens du devoir. Je suis catholique, je puise dans la certitude que Dieu m'accompagne et accompagne mon mari une grande force.
- Ce sentiment est-il partagé chez les femmes d'officier et de soldats ?
- Bien sur, j'en suis persuadée. Nous avons les mêmes valeurs j'en suis sur. Et puis parmi les civils de nombreuses autres femmes courageuses partagent notre condition.
- Merci madame de nous avoir confié vos impressions et vos sentiments.
Vingt minutes plus tard dans la Corsa de location qui les ramène vers la gare de Nantes elle hurle à son cameramen en tapant du plat de la main sur le tableau de bord:
- La conne la conne la conne. Je ne sais pas ou il l'a trouvée Michelet ! Pas possible il a du baiser avec sa mère sur un lavabo des chiottes d'Assas ! C'était pas la peine d'avoir répété questions et réponses avant, elle n'a pas changé un cheveu à son discours à la con la mère catho-lapatrie.
- Peut-être mais elle n'a pas besoin de se raser la chatte pour passer pour une vraie blonde.
- Connard. Tu risques pas d'y gouter de nouveau à ma chatte rasée.
(à suivre …)
08:15 Publié dans Des histoires ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, rage, amour

