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mardi, 20 octobre 2009

12 raisons : John-John -10 fin

 

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Quand il ouvre la porte de la mini serre les tètes hirsutes le saluent au travers des barreaux. Elles saluent autant leur géniteur que la proie.  Ils sont sa destinée.

Il reste deux minutes à j. A six heures les sbires du DA vont se ruer, le gros Rod en tête. j attrape un coupe-coupe sur une table, une arme de bantou conçue pour défricher la jungle, épaisse en son revers, tranchante comme une feuille. j approche de la cage. Ils ne savent pas. Leur faible mémoire ne leur permet pas bâtir la moindre expérience. Les têtes hument sa chair, l'une d'elle claque deux mandibules mais j sait se tenir à distance. D'un coup sec du tranchant de sa lame il fait rouler une fleur à terre ; elles meurent dès quelle sont séparée de la tige mère. j éloigne du pied la corolle attentif  à éviter le ballet des têtes affamées des autres plants. Il n'a jamais su se débarrasser de cette ultime création, ils sont sa chair, ils sont sa chair.

j humecte ses doigts dans l'huile de la chose puis les lèche.  

Au pied des plants, du chaque coté du monticule de tourbe et d'écorces d'eucalyptus, une rigole draine de part et d'autre la bave, le suc digestif, les régurgitations, les crachats acides lors de la mastication et finalement les rots des bébés trop nourris de j. Une culture hydroponique new style, ce fiel fige plus qu'il ne s'écoule et l'enrichissement en CO2 accélère la coagulation. Tous les deux jours j ou un autre gratte la croute brune au travers des barreaux à l'aide d'une binette à long manche pour dévoiler un sérum rosâtre presque brillant où l'œil inventerait des tressaillements et des palpitations comme sur la chair écorchée des grands brulés.

j s'avance vers la cage. Il leur parle. A distance encore des têtes, le ton qu'il emploie contredit ses paroles. Ils sont ses babies.

- Bleibt hier

- Sofort

- Hier

John 11.jpg

Perles de harem

Elles épousent à quelques centimètres la forme du corps du maitre attentives à chacune des vibrations que suscitent dans le creux tendre de ses poignets les pulsations de son cœur, attentives à chacun des morceaux de sa vie immédiate, des perles de harem aussi jalouses que vulnérables, aussi captives qu'impérieuses ; ici elles détectent sur les joues un reste d'après rasage, un odeur verte et masculine, au coin des lèvres l'amertume du souvenir d'un café, plus bas l'empreinte nette de son parfum Boss, dix ans qu'il porte le même, plus diffuse l'histoire de sa dernière journée s'est accrochée aux mailles de son tee. Hier après midi il a marché deux heures dans les bois, chêne et eucalyptus, deux gouttes du cocktail de fruit, mangue citron, kiwi d'hier soir se sont nichées dans un pli du coton, enfin la nuit passée sur le couch a décalqué sur ses vêtements l'odeur du cuir, celle de la solitude, celle des regrets mais si ses babies savent déceler la moindre fragrance, ils ignorent les histoires tissées par les parfums pour qui démêle l'intrigue de lieux et de moments. 

Elles feulent. Elles tordent leurs têtes multiples en tout sens ces hydres, ses babies. Leurs circonvolutions animent l'air de la cage. Un bruissement identique à celui de l'été dans les plaines du Midwest quand les blés murs à rompre aliment les thermiques de la fin de journée. Les épis bruissent sous le souffle multiplié par le miroir de la terre brulant. Une tornade approche.

La clé dans sa poche forme une bosse. La porte occupe le coin droit de la cage mais personne n'a bravé cette entrée depuis déjà deux ans. Quand il a disposé du corps de Lucy il a utilisé le sas par lequel il jette deux fois par jour des quartiers de porcs à ses babies.

En entrant dans la cage j goute le paradoxe que le DA finalement le poursuive pour avoir nourrit ses enfants de la chair de sa femme. Avant de se donner il appuie sur le bouton d'urgence pour relâcher dans l'atmosphère deux tonnes de CO2. j goute le temps d'une respiration le silence des ventilos à l'arrêt, l'instant suivant le crachat des soupapes couvre ses cris quand il affronte le mutisme de soie des babies.

Demain ses bébés ne seront qu'herbe sèche.

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Douze raisons : évidement 2tonnes de CO2 c'est difficilement défendable...

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