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mercredi, 30 septembre 2009

Le bout de la ligne 15 3/3

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Dans mon entrée j'ai casé mes deux aspirateurs, des Tyson, j'adore les jaunes de cette marque. Mon "vrai" aspirateur est dans un placard de la cuisine. A coté de ces bijoux de technologie ménagère reposent mon vélorameur, ma collection d'affiche du festival de Cannes de 61 à 81, ma cafetières isothermes mes lampes de poche frontales. J'adore les lampes de poche frontales. Je stocke aussi dans l'entrée ma réserve de billes de bain, je les ai glissées au pieds de ce monument que constitue ma centrale à musculation multifonction.

L'entrée fonctionne comme un sas de décantation et la plupart de mes acquisitions ne franchissent jamais le second niveau de ce grand jeu. Ceci explique la juxtaposition des cibles à fléchettes, des brosses à dent électrique multi-tête à mouvement latéro-rotatif, des oreillettes spécial grand froid et des spirales débouches tuyaux.

La cuisine recueille ma gamme d'appareil culinaires. Le kitchen-Aid rouge est un phare sur le plan de travail tandis que de part et d'autre l'espace décline en inox et en acier étamé les merveilles de la science appliquée au quotidien. Acier, inox, téflon, polypropylène je ne suis pas sectaire. Un toaster et un autre bleu acier une merveille, deux centrifugeuses et une machine à fabriquer les tortellinis et un presse agrume manuel, un autre électrique, des couteaux électriques, des brises coquille d'œuf, de noisette, de noix.

De noix de beure aussi.

A coté dans le séjour j'aligne mes chaines hifi, quatre  tv plates empilées le long du mur, un coffret à stylo ferrari -une marotte- des pinces à bougies, un home cinéma encore dans sa boite, deux reposes pieds ajustables devant mon canapé en cuir mono-croute et son repose verre sur les accoudoirs. Je range là aussi mes collections de dessous de verre.

Je vous épargne le reste de la visite mes pépinières à coussins, mon garage à altère mon entrepôt à vases mon parking à poivriers, mon musée du téléphone portable, celui de l'ordinateur, mon container de verres.

A la place je vous invite pour une grande brocante jeudi 22 septembre, un grand "garage sale" comme ils disent mais je n'aime pas les américains.

mardi, 29 septembre 2009

Le bout de la ligne 15 2/3

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Dépression compulsive. J'aime le son de ces mots lorsqu'ils se frottent l'un à l'autre. Dépression compulsive, on en a plein la bouche mais en même temps cela coule. Dépression compulsive, ça a commencé en Septembre 2004. Il était huit heures du matin et je me promenais ce samedi là place Saint Michel. J'ai regardé un moment les touristes Italiens et Espagnols se photographier à tour de rôle devant la fontaine, ils formaient de petits groupes tout à la fois joyeux, naïfs et bêtes.

Il faisait frais et je portais une petite veste de laine.

J'ai remonté le boulevard Saint Michel vers Cluny et me suis arrêté à mi-hauteur au Starbuck prendre un américano. Savez vous que pour fabriquer leur américano ils se contentent de rajouter de l'eau chaude à un expresso ?

- Remarquez je n'aime pas les américains.

J'allais monter m'asseoir mon café à la main quand j'aperçus sur un présentoir à gauche des fioles de vanille. Subitement la couleur du liquide, une ambre pale dont le trouble promettait onctuosité richesse complexité m'attira. Les fioles ne mesuraient pas plus de dix centimètres de hauteur, cent millilitres probablement, elles alignaient leurs étiquettes jaunes dont le cadre annonçait ce truisme :

Vanille 100% naturelle.

Je me suis surpris à imaginer posséder une de ces sœurs, dévisser le capuchon, accueillir l'arome, verser un filet de l'élixir dans une préparation, dans un yaourt oubliant même que je ne cuisine jamais et suis allergique aux laitages. Je sais être célibataire à quarante cinq ans et en plus être allergique aux laitages c'est une sorte de double peine. Cette seconde d'abandon m'a apporté un répit mais l'instant suivant je tendais à la caissière ma fiole et un billet de cinq euros. Il me fallait cette vanille, il me la fallait.

Lorsque j'ai tendu à la caissière ma vanille liquide et mon billet la plénitude m'envahit. Lors de cet échange vanille contre euros toutes mes interrogations ont reflué. Un oubli total.

-Voilà Monsieur.

-Voilà Monsieur.

- Monsieur votre monnaie. Votre vanille.

- Monsieur ?

-Monsieur vous n'êtres pas bien ?

- ...

- Si. Si excusez-moi. Un vertige. Ça va mieux. Excusez-moi.

Je me souviendrai de cette première fois toute ma vie. Depuis je reproduis cet acte même si je sais ma quête de retrouver le repli temporel dans lequel je tombais les genoux flageolants à la caisse du Starbuck du Boulevard Saint Michel ce samedi de Septembre 2004 vaine.

dimanche, 27 septembre 2009

Le bout de la ligne 15 1/3

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J'ai la dépression compulsive. Entrez dans ma maison vous comprendrez sinon poursuivez la lecture de cette note.

J'habite au bout du couloir au 5ème et dernier étage du 33 impasse Sébastien Nil, Paris XXI. Prenez la ligne 15 jusqu'à Comandant Durieux, l'impasse est juste à droite de la bouche de métro. C'est simple pour un peu j'habitais en banlieue et je n'existais pas.

Dans l'appartement construit en enfilade le visiteur glisse de pièce en pièce. Mon prédécesseur en ces murs a acheté tout au long de sa vie des chambres de bonne contigües puis les a rejointes en abatant les cloisons puis il est mort.

Que le quartier fut autrefois assez prospère pour  que ses habitants puissent occuper des bonnes et les loger à demeure m'interroge quand je regarde le plafond le soir avant de m'endormir.

L'appartement comporte 4 pièces. Je les ai baptisées Félicie, Emilie, Rosa, Anémone, j'ai l'imagination ancillaire autant que facétieuse. Une entrée, autrefois cette pièce servait des toilettes pour preuve ces faïences encore accrochées au mur, la cuisine, un séjour, mon antre. Ma tanière est la seule pièce de l'appartement à posséder une porte : on passe de Félicie à Emilie à Rosa sans transition.

 Si vous accomplissez un jour le périple de l'entrée à ce refuge vous comprendrez ce que j'entends par dépression compulsive.

Je sais l'expression peu claire. Il y d'un coté la dépression sérieuse dont j'ai volé la définition à Johan ma thérapeute et de l'autre la compulsion dont j'ai emprunté la définition à ma nièce de 16 ans Clara, la seconde fille de mon frère ainé.

- Je suis une shopeuse grave tu vois, quasi maniaco-compulsive, non c'est vrai quoi  je te promets j'y vais à donfe quand je shope" m'explique-t-elle quand elle justifie l'emprunt d'un billet de cinquante.

- Merci. Tu me comprends toi. Mes parents sont tellement lourds !"

vendredi, 25 septembre 2009

12 raisons : John-John -5

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Sur une étagère de l'étude les bocaux sont nommés d'après la reine. Queen Spring  88, la série des Queen Maroc le Queen Maroc 6, le Queen Maroc 7 et les suivants, jusqu'à l'apothéose du Queen Maroc 12, c'était en 92.  Le Queen Stockhausen et le Queen Maui. Le Queen Maui un bulbe hirsute comme un surfeur dans son bocal de formol, une sorte de chardon vénéneux comme une pomme biblique, complexe dans sa forme  et sa texture. Un Cannabis sativa sativa maui. Il valut à Queeny une dizaine d'article dans The Lancet, la revue médicale anglaise et trois fois plus de suites. En quatre-vingt dix quand les malades du sida mourraient autant de faim que de maladie pulmonaire le Queen Maui permettait de supporter les trithérapies et les poisons auquels l'époque et la maladie condamnaient les patients. Le Queen Maui, une crête d'adolescent post industriel, du bleu teintait la pointe des fleurs, une  huile suave comme un  baiser d'enfant, un pollen doux comme un parchemin, une fleur décapante pourtant, montée sur platform shoes tout en paillettes et en strass. Le Queen Maui réinventait aussi la lutte contre le cancer. Un article du Lancet vantait ses résultats dans certains traitements du cancer du poumon associé à de simples sulfamides un médicament inventé avant guerre ; un comble pour ce pot que certains fumaient "à la papa" entre trois feuilles saturées de goudron.

Six heures moins le quart. John-John dit l'éleveur ébroue sa torpeur. Il est temps d'effectuer une dernière ronde. Il tente de jeter son corps en avant, un sursaut mais l'âge et le moment l'engluent, il  prend appuis des deux  mains sur les deux accoudoirs, peste et souffle et pleure. Hausse des épaules. La pulsation sans fin du souffle des ventilos et des gicleurs l'irrite. Plus encore son ignorance de cette nuisance durant toutes ces années provoque ses regrets. Il jette un coup d'œil à sa galerie de trophés. Au fond à droite trône sa rose noire un Cannabis Sativa Maximalus G.

Découvert en 1991 pendant l'ère de Bush père alors que l'intelligence des bombes illuminaient les nuits de Bagdad, exempt de tout OGM dix ans avant l'heure, ce fruit de croisements après des centaines de générations soigne dépressions et schizophrénie mais certains dentistes l'utilisent aussi comme une alternative à l'anesthésie locale et certain dermatologues réduisent les rides à l'aide de décoctions de Sativa Maximalus G. Lucia en consommait vingt grammes par jour. Lorsqu'elle partait dans la colline elle gavait Raimond d'un mélange de Sativa Maximalus G et de Queen Maroc 9. Les imbéciles n'ont retrouvé que de la suie dans ses poumons et son estomac.

- Fucking moron.

Le Queen Maroc 9 soudait Raimond et la cavalière, la plante multipliait l'acuité de la seconde et la force de la première. L'une et l'autre auraient été recalées aux jeux olympiques mais elles ne concouraient que pour ce fragment d'éternité que contient chaque seconde sous influence.

Tandis que le Sativa Maximalus G effaçait les barreaux de leur prison terrestre.

Le Sativa Maximalus G lui apporta la notoriété. La poignée de main avec Reagan date de cette époque. Le vieil homme rongé par Alzheimer oubliait la moitié du temps le mal qu'il avait fait durant ses deux mandates. L'avis des médecins prévalut sur celui des conseillers politiques. Bush père à la maison blanche avait vu d'un mauvais œil son mentor tomber dans les griffes de l'ennemi, en même temps la dope permettait de museler  l'ancien président et sa clique de conseillers.

(à suivre ...)

mercredi, 23 septembre 2009

Intermède 18

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Piquée dans une brochure d'Air France cette phrase au balancement magnifique, mais certains balancements magnifiques mériteraient d'être magnifiquement balancés :

"Joutes d'odeur  aux souk, amplifiés par la déroutante promiscuité des échoppes, ici le miel, en face le mouton, plus loin la pistache"

09:22 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : intermède

lundi, 21 septembre 2009

Sibérut, une ile

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Avant que l'ile de Siberut ne devienne destination d'écotourisme, avant que des surfeurs australiens n'envahissent le nord de l'ile, avant que le nom ne figure ailleurs que sur les cartes de l'armée Indonésienne, j'ai débarqué sur son rivage de l'ile poussé par la bêtise de mes vingt cinq ans dopés au Conrad et piqués au Malraux le jeune. La curiosité, l'excuse des imbéciles. J'étais là contre l'avis d'un ethnologue rencontré par hasard, il avait passé un an sur une ile voisine de l'archipel des Mentawais dont six mois allongé sur un grabat de palmes préparé par les femmes de la tribu tandis que le shaman tentait de le guérir à l'aide de pierres sacrées et d'incantations.

Avant de m'enfoncer dans la jungle vers Rodok et Merodok encadré par un guide pieds nus en slip d'écorce et son fils je pris conseil auprès d'un missionnaire Italien. Avec un compatriote catholique et une religieuse allemande de l'église réformée ils tentaient non d'évangéliser les Mentawais mais de limiter les guerres inter-village. A la question la plus bête qu'un pied tendre puisse poser le prêtre simplement répondit :

" Il mentawai vive come tu e me, la casa, i bambini, il marito, la donna, mangiare, dormire..."

Quatre jours plus tard parmi ces guerriers dont les combats avaient tatoués le corps, tatouages à l'encre pour les victoires, tatouages creusés dans la chairs pour les défaites, je comprenais qu'il avait raison, la casa, i bambini, il marito, la donna etc ...

C'est  l'endroit pour dire mon admiration pour cette génération -les mômes de 25 ans en 2009- qui parvient à voyager autrement qu'en parcourant du pays pour vivre en parasite.

10:27 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog, non fiction

vendredi, 18 septembre 2009

12 raisons : John-John -4

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 Six heures moins vingt. Usuellement Johny o' 6 et Fat Pedro sont déjà au travail dans la serre. Lui debout depuis cinq heures commence alors une journée à l'étude puis au lab vers huit heures quand Queen Irma  débarque. La Queen. Une aura de salsa, une chaloupe de meringue, un rire énorme né juste en dessous de ses seins même si désormais le gris de ses cheveux coupés ras et ses lunettes rectangulaires prétendent avant que son rire n'éclate, justifier le sérieux de ses deux Phd.

 L'habitude invente dans la pièce condamnée à la vacuité les chants mariachi du Fatty.

- Baisse les cuivres Fatty !"

- Peux pas Boss. Faut que ça pette sinon  ça rend rien !"

Ce matin seulement John-John réalise l'assourdissant souffle des ventilos de la serre. Comment a-t-il pu ignorer jusque là ce feulement continu identique au souffle du feu à vingt mètres ?

Elle l'a accompagné depuis Standford à moins que ce ne soit le contraire. Sur chacune des images du mur des souvenirs elle est le troisième homme, cet arrangeur, ce maquilleur, ce décorateur et ce metteur en scène ; cet homme au déclencheur. La colline au fond du yard lui procurait un équilibre affirmait-elle, un sens terrestre puisque leur vie au contraire tentait d'abolir toute racine, puisque la recherche de John-John conduisait vers l'éther.

Elle : - Tu les préfères.

Lui : - Non.

Lui : - Tu sais bien que non. Non.

Elle : - Je n'ai pas dis "tu les as toujours préférées". J'ai dit "tu les préfères". Présent de l'indicatif. Ma peau ressemble à une feuille en automne, encore soyeuse bientôt poussière. Tu as remarqué ? On croirait du talc. Sec. Minéral. Je te perds. Je t'ai perdu.

Elle : - ça devrait t'intéresser les feuilles non ?

Lui : -  Non.

Elle : - Non quoi ? Tu ne vas pas t'en tirer comme ça. Je pars monter la jument. A mon retour il me faut un compliment de trois phrases. Non quatre pour la peine, Dear.

Saurait-il complimenter ce matin en quatre phrases la femme qu'il a aimée durant plus de quarante ans. Si elle était toujours là ?

Un haussement d'épaule, le pivot de son fauteuil grince, un grincement de cuivre du cirque à la fin du numéro. 

L'optimisme radieux de Queen Irma lui manque. Lucy, Jo, Queeny, un trio infernal, une jouvence de trente ans.

(à suivre ...)

mercredi, 16 septembre 2009

Une tristesse Belgo-Normande

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Connaissez-vous le Havre ?

Aplatie par les bombes américaines, brisée par l'occupant nazi, Le Havre ne sourit que deux semaines par an, en juin. Alors seulement les rayons d'un rare soleil rendent supportables les délires de l'ingénieur Perret, effacent la menace des raffineries, elles barrent l'accès au monde ces salopes et acculent les havrais à la mer tandis que les autoroutes à cargo violent jusqu'au cœur de la cité. Ensuite après ces deux semaines d'espoir juillet amène ses pluies, aout ses orages avant que le reste de l'année ne confonde le gris du béton à Perret, celui du ciel, celui des baquets d'eau sale qu'un océan abrupte déverse sans jamais cesser sur les jetées du port.

Durant cette courte fenêtre le maire installe sur ses galets des tentes et des tables et des sièges et des mobiles gonflables. Imagine-t-on au Havre autre chose qu'une plage de galet, autre chose que ces vagues dont la crête reste sous toutes les heures du jour imperméable au regard ?

Jean Baptiste et moi avons choisit cette promenade de planches et son faux abandon pour célébrer nos tacites adieux. Nous n'avons rien dit durant cette soirée dont je me souvienne, dont je me sois souvenu le lendemain matin. Etait-il besoin de parler du reste ?

Le tintement joyeux des coquilles des moules que nous lancions dans le bol -bing, cling, contre le métal, tic quand elles atterrissent parmi les autres victimes- ponctuaient nos échanges. La vie, la mort, le foot, les bateaux les femmes, les filles, les enfants, la droite, le travail, la gauche, le climat, les voitures, le baby-foot, le ping-pong, l'orient, les filles, le travail, les filles, les trains, l'océan dont le grondement à chaque vague percutant et boulant les galets dominait le bruit des coquilles tombant dans le bol, un bruit en passe de devenir cliquetis. Une conversation d'hommes saouls noyés dans la bière et les inhibitions.

Je vous l'ai dit dans une précédente note, une tristesse belge.

08:36 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog

mardi, 15 septembre 2009

Une tristesse Normande

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A Lièges je travaillais avec Monsieur Jean-Baptiste B. J'étais le client de Monsieur B. Monsieur B et moi avons bataillé durant des mois, un combat de géants du Nord puis le respect des braves s'installa, une compréhension mutuelle. Une curiosité peut-être.

Nous avons scellé un pacte tacite un midi de février. Il faisait froid à Lièges ce jour là, forcément il pleuvait ; Monsieur B m'a emmené dans sa belle voiture grise, une 607 dont les sièges gardaient encore l'odeur du cuir et peut-être celle du film de cellophane dont les constructeurs automobiles protègent leurs véhicules au sortir de la chaine à moins que je n'invente.

Ce jour de février après avoir celé notre pacte en choquant nos whiskies monsieur B me confia son veuvage, une douleur de cinq ans. J'écoutais attentif à chaque mot, un silence accueillant, un sourire bienveillant  et discrètement avide. J'aime les histoires. J'aime les secrets et ceux qui les portent. J'attendais car je savais que l'histoire du veuvage de Jean Baptiste cette plaie permanente cachait la vraie raison de son monologue.

J'attendais mi chasseur- mi prêtre, mi cannibale-mi agneau.

La confidence me parvint par-dessus l'entrecôte à point de Jean Baptiste et sa portion de frites, par-dessus mon verre de Saint Estèphe ; Jean Baptiste venait de tomber amoureux d'une femme de dix sa cadette et mère de deux enfants, il partait avec elle une semaine dans les Alpes, il s'inquiétait de ce qu'allaient penser ses propres fils des bandits de dix huit ans et vingt deux respectivement.

La confidence m'a touché et cella notre amitié, une amitié professionnelle éphémère comme le temps d'un contrat.

A peine quatre mois plus tard nous fêtions sans l'avouer notre dernière rencontre au Havre.

Connaissez-vous le Havre ?

08:33 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog

lundi, 14 septembre 2009

Une tristesse Belge

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Connaissez vous Lièges, cette capitale wallonne où la rouille ronge la fierté d'un passé au charbon et à l'acier carbone ?

Désormais seuls les condenseurs des centrales nucléaires soutiennent le ciel wallon, un ciel que les cheminées des laminoirs depuis longtemps épargnent.

A Lièges plus qu'ailleurs je trouve la fin du monde triste. Une tristesse grise et infinie comme ce ciel wallon. Une tristesse belge.

08:29 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog

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