« 2009-06 | Page d'accueil | 2009-09 »

vendredi, 24 juillet 2009

London Fields

London Fields.jpg

Ceci n'est pas une fiction. Je termine John-John the Breeder dit John-John le faiseur dit Jo-Jo. Un coriace. A moins que le vent froid de ce drôle d'été ne happe les quelques instants de loisir que m'accorde la période, un été de crise durant lequel même la reprise du soleil tarde. Mes Maitres ne me laissent aucun répit à moins que je ne laisse l'adrénaline m'empoissonner. Une addiction ce flot que distillent dans mes veines vingt sentiments contradictoires et dont voici les trois premiers : la peur, la peur, la peur, une modernité sur laquelle s'acharne une génération de sociologues blasés par l'étude du sous-prolétariat. Le concept d'aliénation consentie fait fureur chez les chercheurs comme dans les livres de management et les cadres en mal de reconnaissance. Dans trois mois lexpress et lobs ne parleront plus que de ça. Les privilégiés trouvent là l'explication à leur whisky du soir en plus de la partie de squatch, des pilules de caféine. Pour ne parler que de l'avouable.

Ceci n'est pas une fiction. Pas une autofiction non plus. En cherchant à comprendre le mot fiction j'ai rencontré au hasard du web le blog d'une jeune auteur de quatorze ? Quinze ans ? Elle racontait comment le hasard des échanges scolaires l'avait plongée à frankfurt am main dans la famille d'un des membres de Tokyo Hotel. Chez RR lui même ou Ggigi ou je ne sais quoi.   Forcément elle tombait amoureuse dudit Ggigi.

Le bandeau du site avertissait : "Attention ceci est une fiction". Peu au courant de l'implication du mot fiction les commentateurs insultaient l'auteur :

Pamela13 :Mito

JuJu 87: Sale menteuse

THfan67 : Yen a ki rève trop fort.

Ceci n'est toujours pas une fiction.

Quand j'ai franchi le contrôle aux frontières ce week-end, la fonctionnaire de sa majesté m'a demandé:

Where do you go ?

Milton Keynes

Oh! A-t-elle fait avec une moue de dégout.

Why do You go there ?

A mon tour de hausser les épaules : "Business"

Elle : Oui forcément. Bonne chance.

Qui irait mourir à Milton Keynes ? A mi chemin entre Oxford et Cambridge, la rivalité entre les deux universités a stérilisé jusqu'au gazon et une génération de couples beaux poussent des enfants dans des landaus Macs Laren sur des chemins dallés au pavé autobloquant : à MK même les pavés sont inhibés. Milton Keynes le clame "nous avons le plus grand réseau de pistes cyclables de toute l'angleterre" mais les cyclistes et les piétons et les parents béats ont des gueules à habiter Cergy-Pontoise ou Saint-Quentin-en Yvelines.

Ici dans cette zone post-nucléaire crée en 1967 les habitants réinventent progressivement l'Angleterre. Pour ma part entre deux appels de mes Maitres je visse une table ou une chaise -Ikea est plus fédérateur que Baruso- dans un appartement vide, une expérience que je partage avec les détenus nouvellement libérés, les divorcés du mois, les étudiants et leur diplôme en poche.

_______________________________________________

Post-nucléaire : ai-je dis quelque part mon amour pour Nicola Six ? Parmi les dix raisons qui m'entrainèrent à MK, neuf d'entre elles tenaient à l'hypothétique chance de rencontrer au détour d'une rue Martin Amis quand bien même les chances de le rencontrer à Dinar seraient plus grandes.

Quant à Nicola, je retiens encore mon souffle dix mois après avoir lu le récit de sa rencontre avec le Shah d'Iran. Ceci n'est pas toujours pas une fiction. Qui sait à quel monde appartient pourtant l'invention sur le territoire atomisé de Milton Keynes de mes rencontres improbables avec ce personnage des milles et une nuits.

 

mercredi, 01 juillet 2009

12 Raisons Erik

12-Raisons-7.jpg

à sa droite tout droit vers la chapelle et juste avant à gauche vers rochechouart le boulevard rue fontaine ses bars pigalle ses boites à gauche à deux tours de roue bastille ses banlieusards en horde devant la rive droite ses lounges pédants ses cuirs son skaï son faux champagne ses faux  modèles

place de la république  erik tremble de sentir tous les paris de paris vibrer sous lui

 derrière lui oberkampf derrière lui oberkampf  derrière lui entre lui et oberkampf cristelle-armelle-catherine combien de prénoms a-t-elle menti cette cristelle-amandine-catherine avant d'accepter ce soir de grimper à califourchon sur son vespa 80 rouge forcement rouge cette cristelle-armelle-catherine pour porter un petit casque bol juste assez court pour que la lisère révèle ses trois mèches brunes  tandis que pied calé sur le frein la poignée dans le coin ou les gaz à zéro il joue une berceuse pour post adolescente

le cataplasme de l'attestation de son bac dans la poche arrière droite de son 605 répond aux poinçons brulants des seins de cristelle-arabelle-catherine au travers de son perf à chaque balancement

__________________________________________________________________

Bilan Carbonne d'un amour d'une nuit d'été, 20g, bien plus s'il y a la clim