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mercredi, 24 juin 2009
ToTaLiTarisme

08:00 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vocabulaire, mots, images
lundi, 22 juin 2009
Darwinisme

07:54 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vocabulaire, mots, images
jeudi, 18 juin 2009
Joachim - Fin

11:51 Publié dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : planète
vendredi, 12 juin 2009
12 Raisons Leïla
Leila lape le sang au creux de sa main. Il perle à la naissance de sa ligne de vie. A quatorze ans un passant pourrait croire qu'elle lèche un roudoudou mais sa langue n'a rien du dard d'insolence des enfants.
Bien sur tous les témoins ont depuis longtemps déserté la scène.
Elle fait pour elle-même en souriant : "salop!" Répète "salop" pour se rassurer en haussant les épaules.
L'empreinte de la Nike Air du salop a imprimé le mélange de suie et de neige carbonique sur le sol du magasin. Rien d'autre de lui.
Elle s'est blessée sur un morceau de la vitrine.
Elle n'a pas eu mal.
Le salop c'est le chanteur du groupe X-Vingt-Douze. Deux CD dans les bacs des concerts à Bondy à Montreuil à Blanzy. Elle renifle sa paume attentive à retrouver mêlée à l'odeur alcaline celle du rappeur. Une odeur d'homme. Elle ne connaissait pas avant ce grand manège. Ils puent. Elle ne sait pas s'il l'a violée ou pas. Si on lui posait la question, une copine de collège, sa sœur ainée elle répondrait :"c'est compliqué. T'es keuf ou quoi toi ? Fais pas ièche avec tes questions à la con. Toutes façons tu peux pas comprendre. Allez dégage toi".
Elle ne parvient pas à décider s'il l'a violée ou pas.
L'endroit pue la fumée acide du polystyrène. Les dossiers des canapés en regorgeaient, du Made in China qu'imprègne la sueur des travailleurs forcés. La moquette diffuse un souvenir de lagune après les grandes marées quand la mer a laissé incongrus parmi les gobelets et mouchoirs des touristes des algues et des poissons morts. Les pompiers s'en sont donné à cœur joie, ils ont noyé le magasin de meubles et transformé les canapés en radeau. Par bouffées et venu du dehors gazoline et suie de pneus brulés rattrapent Leïla au fond de son tunnel.
Ici on brule les pneus quatre par quatre et la bagnole au milieu.
Il a fait en riant :"un vrai grand prix de formule 1. Ici c'est pas monaco des rupins mais on a l'odeur de la gomme au moins. J'ai un rap comme ça. Ça fait :
l'odeur de la gomme ici c'est celle des scooteur et des quads / la ronde de la nuit c'est la chasse et les keufs en escouades / nous nikerons pas ces fils de pute car nos roues tournent carré pour faire l' tour du pâté.
L'intérieur de la boutique bée sur la rue. Elle forme une parenthèse obscure quand au dehors les projecteurs tentent de d'avancer l'heure de l'aube. Hors de cette brèche les sirènes beuglent par intermittence la fin du monde. Entre deux hurlements les gyrophares plaquent sur les façades des feux d'artifices. Ils convoquent un venise de tour opérator et l'éclat de la boule à facette dans la chambre d'un cousin.
Elle n'a pas eu mal.
Elle, Leïla songe alors qu'elle n'aurait pas pu rêver de plus belle première nuit.
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Bilan carbone : 1 voiture brulée 1.85 kg, 300 litres d'eau.
09:30 Publié dans La planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : planète, crise, aimer, fiction, rap
mercredi, 10 juin 2009
12 Raisons Joachim
Si l'âme pèse 21 grammes nul ne connait le poids des illusions perdues.
Joachim utilise une corbeille de métal. Vous en trouverez partout de ces bacs de fil, chez Ikea, chez Habitat, chez Soho. Une corbeille normale d'un magasin normal achetée après les cours un mardi normal d'un janvier normal. L'ai-je écrit, cette corbeille ne mériterait pas une entrée si elle ne trônait la chambre de Joachim.
Joachim a versé dans l'objet trois cuillères de rhum tandis qu'il avalait lui-même les trois derniers verres que contenait la bouteille. Il a versé ces cuillères d'ambre avec la théâtralité d'un second commis flambant devant son client une crêpe Suzette.
Sa chambre de la rue Jean Pierre Thimbaud n'autorise aucune fantaisie. Dix mètres carré pas plus concentrent les fonctions. L'exigüité force l'économie des gestes et contraint à la vie intérieure puisque le dehors se refuse. Une ouverture perce le toit de la mansarde ; au delà de cette nasse la ville bruit de la joie des jours de mai.
Une enveloppe posté de Barcelone. Avril 2008. A l'intérieur cette phrase au hasard "... sur les ramblas tous les garçons te ressemblent..." les mots suspendent son geste.
"... hâte de te sentir... voudrais te toucher...."
Des mots tout bêtes. Des mots de bête ... te sentir dur contre mon ventre...
Du papier avion. Du 32 grammes. Ces 32 grammes de papier avion atterrissent doucement vers le petit foyer au cœur de la corbeille. La chaleur déforme les mots devenus sans chaleur.
La flamme tronque les phrases...eront les murs... aver tous... l'odeur des illusions brulées se mêlent à celles du papier calciné.
Cette autre. Du 300 grammes. Au verso le pont Alexandre III de l'autre coté en travers de la carte une diagonale barre l'ensemble : "ce que tu sais"
D'autres lettres encore. Chaque souvenir le retarde. Chaque paragraphe le crucifie mais lui ne pense qu'autodafé.
Dans sa main 90 grammes postés de Paris débutent par "laissons aux mortels la fausse joie de l'instantané. Accordons à notre échange la grâce de la respiration ...".
Il avait répondu d'un laconique "...et laissons la poste y introduire un souffle fortuit. ;-)"
80 grammes parfumés à la vanille. Rhum et vanille ravivent des souvenirs auxquels s'attachent des larmes enfant.
- Qu'ils s'alignent les barbares lorsqu'ils parfumeront leurs sms à la vanille" s'énerve-t-il.
Un petit bleu de 18 grammes. Un pastiche de télégramme dactylographié. SUPER STOP LOVE YOU STOP PLEIN D'ETEINCELLES STOP JE T' AIME FIN. Le papier de ce petit bleu brule moins vite que l'encre du ruban et la guirlande de mots danse dans la courte flamme. Un clignement de paupière plus tard ils ajoutent leurs harmoniques au cercle chromatique. Ces 18 grammes n'auront duré qu'un souffle.
D'autres lettres encore, le plus vieux cachet de la poste fait foi, 04-07-2007 Paris XIX 14h32, mais que pouvait-elle bien faire à 14h32 dans le XIXème ce jour là ?
Il a gardé la conclusion de cette série pour la fin. 20-05-2009, avant-hier autant dire maintenant.
800 grammes format réglementaire sans un mot ni bristol ni même l'empreinte carbone d'un recommandé. Une boite brute. Un Colissimo comme si cette rupture méritait le superlatif. A l'intérieur ses réponses aux cendres du fond de cette corbeille si dénuée d'intérêt. Elle trône petit piège circulaire, crématoire d'illusion ou masque de rétiaire au centre de la chambre. Une corbeille de rupture quand d'autres sont de mariage.
Le rhum et le souvenir embuent ses yeux. Il sourit :
- Si je sais gratter mes croutes, si je sais conserver leur purulence quel matériel alors ! Pourvu que viennent d'autres douleurs. Pourvu qu'on me laisse longtemps encore pourrir la planète du feu de mes amours perdus.
Tarif carbone: 02g par feuille évaporée, 28g pour la douleur
23:24 Publié dans Cuisine, La planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : planète, crise, aimer, fiction, pécher, décevoir
dimanche, 07 juin 2009
Intermède
A la seconde où "Vimal et les coccinelles" achevaient leur histoire j'embarquai pour London-London où je passerai la prochaine année et demi.
Vimal et Reshna n'ont pas plu. La sanction était là sous forme de barres, des barres minuscules sur l'écran de l'ordinateur posé sur la table de mon petit déjeuner ce dernier samedi. Imparable. Evident. Irréfutable. Un haussement d'épaule ne suffit pas à disqualifier le verdict.
Les statistiques de blog spirit enseignent l'humilité. Non non ... quelle fatuité que de ne pas vouloir plaire ! Quelle corvée que de plaire à tout prix! Je suis preneur de tout conseil pour trouver mon chemin entre ces deux écueils.
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Lundi soir : Nos Maîtres -les miens en tout cas- prétend l'avènement de l'abolition des frontières. Pourtant tout changement génère sa part d'inquiétude et si l'eurostar de 10h13 a lancé les dés que sortira-t-il du tunnel dans un an et demi ?
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Jeudi soir : l'Actionnaire, un personnage disparu de ce blog depuis plus de six mois me retient prisonnier depuis trois jours.
Vendredi soir : Tout à l'heure la campagne anglaise que je regardais pour la première fois au travers de la vitre du train m'a rappelé le gout de la solitude lorsqu'il pleut sur les vitres.
Vendredi soir: au bar de l'Eurostar. Je suis tombé amoureux de Leïla. Suffisait de deux bières à mille kilomètres heure. J'espère qu'elle saura vous séduire vous aussi.
Vendredi soir: au bar de l'Eurostar. Je ne reconnais pas la poignée de clients au bar. Bigarrés, jeunes, l'espoir les rend hirsutes, motivés, brillants, l'ambition gomme leurs traits.
Samedi matin : Il faut que je me reprenne, Joachim, Leïla, JohnJohn The Breeder -quels autres ?- demandent à exprimer leurs raisons de pourrir la planète.
18:25 Publié dans Intermède | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog
lundi, 01 juin 2009
12 raisons : Vimal 3/3
Debout dans le micro bus Yamaha avant dernier transport de son aventure Vimal frotte ses yeux de sa main libre. La négligence du gouvernement du Karnataka amplifie les chaos quand on approche le développement JP Nagar.
Ici la terre fatiguée et hirsute accompagne le galop de la ville vers de nouvelles frontières. Sur les bas cotés les banians dont la folie tentaculaire périphrase la ruée vers le futur tentent de survivre, tour à tour ils tracent et effacent de leurs lianes les contours d'une ville en mue perpétuelle. Dans quinze jours débutera la mousson, chaque averse du soir abolira sous vingt centimètres d'eau épaisse la limite entre le passé et le futur et atténuera la touffeur des heures de voyage vers sa Reshna.
Là bas les allées de palmiers nains balisent la verdeur rectangulaire du campus de Biotech. La force des puissances de deux abolit jusqu'à la mousson dans ce carré coupé en deux puis en quatre puis en seize au fur et à mesure que l'urgence du développement multiplie allées, sections et divisions. A la périphérie le lourd rempart du miel des manguiers repousse les odeurs d'un passé dont les vestiges rampent dans la ville vieille.
Vimal tente à nouveau de soulager de sa main d'équarisseur moderne le feu de ses orbites. Chaque jour la brulure tatoue un peu plus loin sa chair comme une mesure du temps qu'il a mis au service de Biotech, deux ans déjà dont chacune des journées identiques à la précédente questionnent les sacrifices accomplis durant la première partie de sa vie. S'il pouvait seulement clouer Reshna sur leur lit. Anesthésier ses bras, suspendre le temps en entourant d'un cocon cette Reshna la soyeuse. Ses jambes ? Juste assez de temps pour savoir. Ses bras ? Quel paradoxe que de pouvoir discourir deux heures sur chacun des 22 chromosomes sans compter le X et le Y sans savoir à quoi ressemble sa propre femme dans sa nudité ultime.
Quelles découvertes ferait-il en soumettant Reshna au microscope électronique ?
Une secousse propulse sa rêverie contre la matrone en sari à coté de lui. Il peste contre l'interruption. Huit années d'études autant de stages pour passer des coléoptères sous les lentilles un animal après l'autre dans cet abattoir du XXIéme siècle.
- Comment vas tu vas faire ton bio toi-même ? Tu vas trouver où ton or brun et ta bouillie bordelaise et ton badigeon ?
Jean-Pierre la considère longuement, interrompt l'élagage des rosiers, ôte son gant avec la science du silence d'une chanteuse de cabaret et produit de sa poche une boite transparente de la taille d'une boite d'allumettes. Il offre ce Graal à la compréhension de Sylvianne :
- .... ?
- Ce sont des larves de coccinelles. Elles vont grandir, se métamorphoser dix fois, boulotter tous les pucerons du jardin et voilà.
- C'est le voisin qui va te remercier. Demain y'en a plus une ici ! Les bêtes à bon dieu c'est fait pour voyager et indiquer la météo !
- Justement non. On leur a coupé les ailes. Génétiquement Elles ne partiront jamais d'ici.
- On aurait du OGMisé nos enfants alors !" Sylvianne hausse les épaules et repart vers son antre, cette pièce à la fois laboratoire expérimental, cellier de son histoire et creuset d'élixirs d'amour que seul l'écusson Mobalpa déposé en haut des portes cloue dans la trivialité.
- Pourquoi ne pas génétiquement couper les jambes des enfants ?" lâche-t-elle pour elle-même en gravissant les marches du perron de leur pavillon de meulière. Puis elle ajoute "mais qu'est ce que je vais lui faire à manger ?".
A peine détaché du corps de Reshna, Vimal entre dans la torpeur récessive des males assouvis. Oubliées la furie des questions sans réponses et la quête d'une vérité fugitive, la satisfaction ranime d'autres démons. A coté de lui Reshna attend. Cinq mille ans d'histoire, trois cent dieux, autant de conseils maternels scrutent le silence de l'amant. Il contemple le luxe relatif de l'écrin auxquelles ses journées à l'abattoir pourvoient, mesure la distance prise par rapport à la condition des siens, - une progression vraiment ? - se remémore l'obligation d'avoir une situation avant de prendre épouse et soupire en silence. Il acquiesce pour lui-même.
Le doute pourtant la seconde suivante le contraint à faire :
- Crois tu que ce soit mal d'empêcher les coccinelles de voler ?
Pour sa part elle préfèrerait recommencer plutôt que de répondre.
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Mutiler des coccinelles : - 2 points de karma, les expédier par avion : 34g de CO2, Utiliser des coccinelles OGM dans son jardin bio : bad bad bad, very bad.
09:00 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : planète, crise, délocalisation, aimer, fiction, pécher, amour

