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mercredi, 27 mai 2009
12 raisons : Vimal 1/3
Vimal Brahupuram sépare ses yeux du microscope. 18h30. Il s'étire une seconde, claque les articulations de ses phalanges, étire sa nuque à gauche à droite jusqu'à poser l'oreille sur l'épaule, roule des yeux, présente le vide de ses yeux sans pupille à ses collègues. Ses trente secondes d'abandon consommées Vimal dépose sur le plateau d'inox les instruments utilisés durant la journée, se lève, vérifie d'un regard circulaire l'asepsie de sa prison. Autours de lui ses collègues opèrent la même routine puis identiques derrière leurs masques de papier non-tissé, leur combinaison blanche à capuche ils gagnent en colonne de trois clones le vestiaire. Dans le rang la gravité des opérations menées dans la salle blanche dispute à l'omniprésence des superviseurs le gèle les conversations.
Derrière son masque Vimal sourit d'anticipation. Le sourire d'un jeune marié que seules séparent de Reshna la soyeuse deux heures de train de bus et quatre changements au travers des banlieues de Bangalore. Reshna va taquiner les cercles de raton laveur que le travail au binoculaire imprime sur ses orbites. Alors il la menacera et s'élancera à sa poursuite dans leur appartement de la Malleswaram Tower allumé autant qu'elle a l'idée de tenir à nouveau la tiédeur cassonade de ses hanches.
- Jean-Pierre vient au moins déjeuner, tu as toute ta journée devant toi ! crie précisément à la même seconde Mme Fenel par la fenêtre de la cuisine de son pavillon.
Crier. Le mot est fort. La promiscuité des pavillons dans la sente Giraud à Romainville, France, 93 retient les habitants historiques de crier, un moyen de se distinguer des cohortes de nouveau venus, les envahisseurs piaillards, libertaires et nantis venues des Territoires de l'Ouest, le Xème le XXéme.
- Quand même ajoute Sylvianne Fenel, si tu termines ton jardin dès le premier jour de ta retraite la suite va te sembler bien longue." Du bons sens. Du bon sens. Du bon sens. Ils sont comme ça les habitants historiques de la sente Giraud, le bon sens les pétrit mais les bonnes intentions les perdront.
La torpeur des heures d'après travail mêlent dans le songe de Vimal le roulis des bogies à la marée des hanches de Reshna. Le reflux et le staccato des jonctions de rail, la faute aux chemin de fer du Kernakata, des rails de douze mètres quand le ruban des rails de l'occident semble kilomètre après kilomètre provenir de la même coulée de lave orange et permettent au voyageur de glisser d'une seule traite du rêve à la réalité au rêve pendant mille kilomètres. Une obsession d'homme encore jeune. A vingt ans l'agréable mollesse du tummy de Reshna dissimile une puissance d'océan. Un ventre de ginger bread. Un pain moelleux parfumé de gingembre cet autre aphrodisiaque. Elle sait ne révéler sa puissance que durant cette éternité pendant laquelle il tente de libérer quinze ans de frustration. Pourquoi n'est il pas possible pour les hommes de ce pays de se marier avant trente ans ?
(à suivre ...)
09:50 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : planète, crise, délocalisation, aimer, fiction, pécher

