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lundi, 25 mai 2009
12 raisons : Marina
Quand Marina Schlingue contemple les cicatrices de cinquante ans de combats dans l'encadrement du miroir la pudeur l'empêche d'interroger la manière dont ces rides soulignent chaque jour plus profondément ses expressions, sourires, étonnements, dégouts, colères. Son visage a toujours parlé avant elle puisque sa franchise que certaines qualifiaient de naïveté l'empêchait de masquer la moindre émotion. Aujourd'hui la permanence de ces empreintes tisse sur son visage de femme vieille les entrelacements d'une vie. Sur les joues les tourbillons d'une vie pleine ont tracé des enluminures tandis qu'ailleurs défaites et désillusions ont simplement biffé.
Désormais la béatitude la plus complète -les sonates de Brahms- ou l'éclat de rire le plus fort ne suffisent plus à tendre des plis au sein desquels chaque année a lové une histoire. A peine ses doigts peuvent ils simuler dans le silence du miroir en redressant ici en tirant là, là l'hypothèse d'un visage sans passé. Bientôt ce passé ne ressuscitera plus qu'à quatre mains.
Au dehors l'heure est à une révolte que Marina ne comprend plus. Les gueux dans la rue réclament. Ils défient sa solidarité naturelle puisque elle a toujours su toutes les causes bonnes à défendre, tous les combats justes lorsqu'ils permettent de s'enflammer. Mais ces gueux !
Les débords du vingt-heures insultent son engagement et questionnent ses choix. Ces poissons morts sur le bitume, ces hectolitres de lait dans le caniveau mettent le feu à ses joues. Les colonnes de fumées grasses s'enfoncent dans le ciel, poteaux d'un temple décadent ou sinistres présages. Les conti se prétendent-ils. Les cons tout court. Une révolte sans brulot. Au plus fort de ses combats Marina n'a jamais rien brulé que la dentelle d'un soutien gorge en 71 au moment de l'appel des salopes.
Elle : Est-ce que ça compte ?
Un haussement d'épaule.
Elle : Comment s'appelait-il déjà ce type du Point ?
En palpant sa peau sèche Marina se rappelle cette partition là. Elle songe à l'espoir dans les rues de ce temps là, à son futur à deux mains seulement.
Elle : Qu'on me laisse revenir en arrière pour pourrir de nouveau la planète !
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12 raisons de polluer la planète : un soutien gorge bonnet B brulé = 22g de CO2
Pour un bonnet H c'est plus.
09:35 Publié dans Des histoires ..., La planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : planète, crise, brahms, vieillir, fiction

