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mercredi, 17 décembre 2008

1/7 Le Serrano aux Pèches

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Rue de la République aux Lilas les pets des bus et les crachats des bagnoles mitent les narines du chaland. La rue déborde. Elle impose son remugle au bitume des trottoirs. La suie bouche jusqu'aux pores des immeubles de pierre. Un trait grège poursuit les épaves dont le carburateur étouffe.

Nous aussi.

Ce panache tombe au sol et rampe sur l'asphalte sitôt franchit la gueule du pot cataclysmique. Les fétichistes de la berline allemande triomphent. Leur trainée les désigne de loin, elle marque l'espace commun d'une empreinte éphémère. Les chiens font pareil lorsqu'ils pissent sur les murs. Je préférais les bourrins de l'autre siècle selon une légende familiale les démunis se précipitait ramasser au cul et aux pieds des chevaux de quoi engraisser leur lopin de terre. De chaque coté de la rue à fort indice d'octane six étages canalisent la puanteur. Dans cet univers au sans plomb le numéro quinze de la rue offre un répit.

La Brulerie des Lilas déplie son paradis quand ses voisins multiplient  la puanteur à la manière d'un miroir à facettes. D'un coté un charcutier expose ses poulets à la concupiscence du passant, il les sacrifie devant tous à la voracité du grill. La chaleur tend la peau des volailles. Des perles de graisse suent au travers, elles fondent sur le volatile du dessous. Si ces prismes reflètent le bronzage des volailles et aiguisent l'appétit, les ondes infrarouges mêlent à l'odeur de poulet grillé celle d'huile de vidange et celle acre, épaisse, toxique du cul des voitures. Derrière le carrousel une résistance rougeoie, elle allume des incendies sur la peau des bestioles. Dans un mouvement éternel elles viennent une par une lécher les flammes du brasier. En bas de cette réplique de l'enfer des pommes de terre se laissent asperger du jus des  bêtes. Elles ajoutent leur touche d'humus et de brulé à l'ensemble tandis qu'elles s'imbibent de graisse de poulet.

De l'autre coté de la Brulerie des Lilas les machines frigorifiques d'un magasin de produits surgelés éjectent leur air chaud. Un air visqueux et moite où la narine immédiatement reconnaît les miasmes des bouches d'aération du métro. Il faut être une blonde pas farouche pour jouer avec ces gueules et leur montrer ses cuisses. L'haleine de cette usine percute celle du bouchon dans la rue. Sous le choc permanent l'odorat du piéton succombe, toutes écoutilles fermées le client se réfugie chez Monsieur X.

Bi-baaa-pa-doo

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