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mardi, 29 avril 2008
#38 Le cimetière des éléphants
Là le chauffeur d'un microbus plonge les mains dans les entrailles de son épave et disparaît jusqu'à la taille.
Ici le capot ouvert d'un taxi happe son conducteur. Il tripote le delco, trifouille le gicleur, trafique les bougies, tripatouille l'allumage.
Ici encore une 504 à peine trentenaire agonise.
Rue Mahmud Basyuni et partout ailleurs au Caire l'averse darwinienne décime les cohortes motorisée de la mégalopole. Survivront les plus agiles, les plus jeunes, les plus adaptés. Survivront les plus étanches.
Le déluge menace le musée permanent du Caire, les R12 sans plancher, les 404 dentelle, les Bé-èMes solubles. Elles sont venues mourir au terme d'un voyage initiatique de vingt ans. Commencé en Allemagne, en Belgique ou en France, il se poursuit en Pologne, dans les Balkans avant dix ans en Turquie et deux autres au Liban.
Du monde entier les carcasses moribondes convergent car ici plus qu'ailleurs bagnole vaut religion et il n'est pas de terre plus polluée où un moulin puisse rendre l'âme.
A+ Je vous écris quand je parviens à traverser la rue.
10:25 Publié dans La bagnole | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le caire, voiture, egypte, innondation



