mardi, 20 octobre 2009
12 raisons : John-John -10 fin

Quand il ouvre la porte de la mini serre les tètes hirsutes le saluent au travers des barreaux. Elles saluent autant leur géniteur que la proie. Ils sont sa destinée.
Il reste deux minutes à j. A six heures les sbires du DA vont se ruer, le gros Rod en tête. j attrape un coupe-coupe sur une table, une arme de bantou conçue pour défricher la jungle, épaisse en son revers, tranchante comme une feuille. j approche de la cage. Ils ne savent pas. Leur faible mémoire ne leur permet pas bâtir la moindre expérience. Les têtes hument sa chair, l'une d'elle claque deux mandibules mais j sait se tenir à distance. D'un coup sec du tranchant de sa lame il fait rouler une fleur à terre ; elles meurent dès quelle sont séparée de la tige mère. j éloigne du pied la corolle attentif à éviter le ballet des têtes affamées des autres plants. Il n'a jamais su se débarrasser de cette ultime création, ils sont sa chair, ils sont sa chair.
j humecte ses doigts dans l'huile de la chose puis les lèche.
Au pied des plants, du chaque coté du monticule de tourbe et d'écorces d'eucalyptus, une rigole draine de part et d'autre la bave, le suc digestif, les régurgitations, les crachats acides lors de la mastication et finalement les rots des bébés trop nourris de j. Une culture hydroponique new style, ce fiel fige plus qu'il ne s'écoule et l'enrichissement en CO2 accélère la coagulation. Tous les deux jours j ou un autre gratte la croute brune au travers des barreaux à l'aide d'une binette à long manche pour dévoiler un sérum rosâtre presque brillant où l'œil inventerait des tressaillements et des palpitations comme sur la chair écorchée des grands brulés.
j s'avance vers la cage. Il leur parle. A distance encore des têtes, le ton qu'il emploie contredit ses paroles. Ils sont ses babies.
- Bleibt hier
- Sofort
- Hier

Perles de harem
Elles épousent à quelques centimètres la forme du corps du maitre attentives à chacune des vibrations que suscitent dans le creux tendre de ses poignets les pulsations de son cœur, attentives à chacun des morceaux de sa vie immédiate, des perles de harem aussi jalouses que vulnérables, aussi captives qu'impérieuses ; ici elles détectent sur les joues un reste d'après rasage, un odeur verte et masculine, au coin des lèvres l'amertume du souvenir d'un café, plus bas l'empreinte nette de son parfum Boss, dix ans qu'il porte le même, plus diffuse l'histoire de sa dernière journée s'est accrochée aux mailles de son tee. Hier après midi il a marché deux heures dans les bois, chêne et eucalyptus, deux gouttes du cocktail de fruit, mangue citron, kiwi d'hier soir se sont nichées dans un pli du coton, enfin la nuit passée sur le couch a décalqué sur ses vêtements l'odeur du cuir, celle de la solitude, celle des regrets mais si ses babies savent déceler la moindre fragrance, ils ignorent les histoires tissées par les parfums pour qui démêle l'intrigue de lieux et de moments.
Elles feulent. Elles tordent leurs têtes multiples en tout sens ces hydres, ses babies. Leurs circonvolutions animent l'air de la cage. Un bruissement identique à celui de l'été dans les plaines du Midwest quand les blés murs à rompre aliment les thermiques de la fin de journée. Les épis bruissent sous le souffle multiplié par le miroir de la terre brulant. Une tornade approche.
La clé dans sa poche forme une bosse. La porte occupe le coin droit de la cage mais personne n'a bravé cette entrée depuis déjà deux ans. Quand il a disposé du corps de Lucy il a utilisé le sas par lequel il jette deux fois par jour des quartiers de porcs à ses babies.
En entrant dans la cage j goute le paradoxe que le DA finalement le poursuive pour avoir nourrit ses enfants de la chair de sa femme. Avant de se donner il appuie sur le bouton d'urgence pour relâcher dans l'atmosphère deux tonnes de CO2. j goute le temps d'une respiration le silence des ventilos à l'arrêt, l'instant suivant le crachat des soupapes couvre ses cris quand il affronte le mutisme de soie des babies.
Demain ses bébés ne seront qu'herbe sèche.
______________________________________________
Douze raisons : évidement 2tonnes de CO2 c'est difficilement défendable...
09:10 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
dimanche, 18 octobre 2009
12 raisons : John-John -9

Il a demandé à récupérer son corps. Un caprice de la loi du comté autorise les particuliers à enterrer les leurs dans leur yard. Il a refusé toute cérémonie et a creusé la poussière sans témoins. Le lendemain Queen Irma Fat Pedro, Johny o' 6 et Peter ont à peine remarqué une variation dans la manière dont le soleil de la Californie du Sud écrasait la poussière de la cour.
Les plans de la serre principale sont simples. Sa création la plus complexe l'Istanbul-Grey ne comporte pas plus de 34 génomes. Un prodige pourtant avec ses 91% de THC, deux grammes suffisent à contraindre un forçat à réclamer sa pute de mère, à convaincre une militante anti-avortement à sortir sur le balcon pour hurler à la rue :
- baisez moi
Au bout du couloir l'attend un autre mariage des genres.
Il a crée le cannabis canabilis en 2009. [Irma rugirait si elle lisait ce "il"]. Au départ Irma et lui ont simplement croisé des plans de Sativa Indica et de dionaea, la plante carnivore. Par curiosité, par ennui, par fun, pour le gout de la découverte, parce qu'on ne défriche pas sans avoir d'abord exploré. Deux ans plus tart ils découvraient le Tiger-high. Il ne vend pas ce Tiger-high, les dix plans qu'ils possèdent déclencheraient un nouveau Watts.
Le Tiger High mesure trois mètres de haut. En saison les fleurs ont la taille de tournesols. Des tournesols dont le sourire carnivore vous boufferait une oreille. Irma et lui se relayaient depuis trois jours et trois nuits pour nourrir les jeunes pousses avec du sang de poulet versé à la pipette quand Lucia disparut.
Vingt mètres de leur serre. Leur puanteur l'atteint. Ses babies. Lucia partit dans la colline quand ils entamèrent leur quatrième métamorphose.
- Toi et tes bébés ! Toi et ton Irma ! Je reviendrai quand vous les aurez sevrés!
Ils sont sa chair. Ils sont sa chair. Jo appelez le jo, appelez le j au pied de son sanctuaire tape sur le clavier les six chiffres de la séquence du code. Lucia encore jusque dans sa date de naissance. Ils sont sa chair à lui. Ils sont sa chair à elle.
Le DA n'a pas aimé. Le DA le lui reproche.
(à suivre ...)
09:07 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
vendredi, 16 octobre 2009
12 raisons : John-John -8
John entame sa remontée vers son sanctuaire au bout de ce boyau. La serre a été sa vie mais depuis l'incendie le lab a été son refuge alors qu'il laissait à Fatty et Pedro la charge des récoltes et des affaires courantes. Cette annexe a toujours hébergé les expérimentations les plus folles issues de sa collaboration avec Queen Irma. Ils ont croisé noix de chocolat et chanvre indien pour développer une recette de cookie high mais la noix ne tenait pas la cuisson ; vanille bourbon et mexican-blue pour fabriquer des glaces. Leurs graines hybrides de sésame, de pavot et de rouge hawaïen ont connu leur succès au moment des protests contre la seconde guerre en Irak. Lors des barbecues anti Bush les pains bun d'un boulanger ami servaient de base pour un burger pacifiste et hype.
Pas six heures au dehors et déjà 90°F. Dans la serre les lampes au sodium imitent le soleil de midi à toutes les heures du jour. Elles dessècheraient les plants si les nébuliseurs n'entretenaient la permanence d'une jungle psychotrope. A chaque seconde la saturation confond air, terre et eau, elle réinvente le début du monde mais quelques minutes avant l'aube seul le sentiment de culpabilité condense les perles de sueur sur le front de John.
Il a dormi dans la relique de son Tee de Stanford, la casquette des fourty-niners sur les yeux comme s'il n'avait pas quitté l'adolescence malgré les deux lourdes crevasses en bas de ses pommettes, malgré la suite de barres à l'ombre de son front malgré les taches brunes sur le dessus de ses mains, la vitesse à laquelle ces marques se rejoignent délimitent son futur.
Lucy, Queeny, jo, le trio infernal. Serait-elle partie monter l'été dernier s'il n'avait passé trois jours enfermé avec Queen Irma à nourrir les premiers plans de leur dernier hybride ? Il n'a appris l'état d'urgence que lorsque le sheriff est venu lui apporter la nouvelle. Lui sortait de la cuisine de l'enfer Irma sur ses talons.
Le gros Rod les toisa d'un sourire entendu.
- Vous être Mr Jonathan E Eronovitch
- Oui
- Vous êtes marié à Madame Lucilla E Eronovitch
- Oui
- et madame est ? L'autre désigne du menton Irma, le geste nie son port de reine. Le gros Rod a le dedain des blancs du Sud lorsqu'ils s'adressent aux noirs.
- ...
- Madame Lucilla E Eronovitch vient d'être retrouvée à Pine Cross. Une heure d'ici à pieds.
Il se retourne fait un geste vague vers la colline comme si la direction pouvait compter. Il jubile.
- Son cheval a chuté. Les pompiers l'ont retrouvée prisonnière sous sa jument. Probablement le cheval a eu peur ou a chuté. Elle était vivante quand le feu est arrivé.
- Selon le coroner elle a beaucoup souffert. J'ai pensé que vous voudriez le savoir.
Le gros Rod a le ton monocorde des salauds, leur nonchalance, leur absence de passion quand ils disent "je fais juste mon travail" ou encore "vous feriez pareil à ma place".
- On ne l'a identifiée que parce qu'elle avait sa licence dans la poche de son pantalon" termine le deputy.
-Vous savez elle a beaucoup souffert. Je ne sais pas si je vous l'ai dit déjà. Je me suis dit que vous voudriez le savoir. Elle était vivante quand le feu l'a surprise... enfin quoi elle a beaucoup souffert quoi.
(à suivre ...)
09:00 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
vendredi, 09 octobre 2009
12 raisons : John-John -7

Dans un pays où chaque seconde renie la précédente le navire amiral de la défonce sur ordonnance crève la crête des décades depuis deux siècles déjà. Deux cent mètres de long et seulement vingt de large cette galère abritait une corderie à la fin du siècle précédent le précédent. Quoi de plus évident que cet endroit où les travailleurs chinois et mexicains tressaient le chanvre pour installer dans la touffeur reconstituée d’une jungle de l’esprit les plans de cannabis ? Il n'y avait aucune prémonition pourtant dans le choix de John-John quand il acheta la nef en 85. L'histoire du bâtiment dans un pays qui n'en a pas ne lui fut révélée que plus tard.
A l'extérieur le bâtiment se laisse longer par le CA-14. Derrière la barrière de sécurité de l'Interstate il dresse le glacis rongé de ses murs. Dans un autre comté les pluies auraient dépouillé la pierre de son enduit de chaux mais ici chaque pluie se compte. Leur acidité plus que leur fréquence entame la surface des murs. Au début des années double-zéro Vince Richardson alias Dilitong89 a réinventé sur la totalité des deux cent mètres la fresque de ce creuset américain : on y a fabriqué des cordes pour les mineurs lors de la ruée vers l'or et pour les exécutions capitales quand LA hésitait encore entre le soleil de la Baja California et l'austérité glacée de Seattle avant d'inventer sa voie dans la finance et l'entertainment, Dilitong89 a ajouté à ces vérités historiques l'épisode des cordages de la Santa Maria, les liens de cheville à cheville, de poignet à poignet des trains d'esclaves entre Freetown et Watts. En filagramme le chanvre des natifs-américains cette herbe chamanique dont la consommation bâtissait la paix et unissait aux dieux tente d'ensevelir l'ensemble sous ses vrilles.
A l'intérieur réplique symétrique et piétonne de l'Intersate le couloir longe d'un bout à l'autre le réacteur à rêves. Quand Jonathan E Eronovitch dit John-John The Breeder s'engage dans ce couloir, il est six heures moins dix mais il ne verra jamais l'aube puisque aucune fenêtre n'éclaire ce boyau. Coté droit le mur lisse jouxte le yard et au delà la colline. De l'autre pulse la serre. Tous les cinquante mètres une caméra intérieure fixe l'intrus. La nuit les caméras détectent toute menace et déclenchent paradoxalement un signal au commissariat de Reefer City. Au pays de la libre entreprise Rod le sheriff se doit de protéger la sécurité de chaque bisness.
Tous les dix mètres un hublot lumineux protégé par des grilles enveloppe le visiteur d'un halot jaune, unique fantaisie dans cette dream shop des guirlandes de cables relient l'ensemble. Régulièrement une porte enchâssée livre accès à un sas. Au delà au travers de la double barrière du sas les plants ébouriffés attendent.
(à suivre ...)
09:57 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
vendredi, 02 octobre 2009
12 raisons : John-John -6

John, un John-John dépouillé de ses titres s'avance dans le couloir qui mène de l'étude au lab, un boyau sans relief long de deux cent mètres, il longe la serre. Générique de tous les boyaux ce couloir pourrait jouer les figurants dans James Bond contre docteur No, Paris Brule -t-il, la Ligne verte mais éclaterait comme décor du Voyage. Des détendeurs de nickel lancent des bouffées de CO2 dans l'air pacifié de la serre, la permanence du hump-hump de cette respiration mécanique rend compte de la densité différente de l'air à proximité des plants. Ils détestent l'oxygène. Des plantes de la ville, seul leur fix de gaz carbonique amène la THC au-delà de 80%. Sans cette saturation autant fumer de la coriandre ou de la batavia mais John est fier de produire de la merde à plus de 95%. Les bouteilles sont alignées sous un appentis de dix mètres par dix à coté de la serre, un réseau de plastique distribue le dioxyde de carbone de manière uniforme.
La serre une nef de vingt mètres de large en route vers la dimension suivante de l'humanité. Une allée centrale divise les plans en deux dans le sens longitudinal. Dans le sens transversal d'autres divisions regroupent les plans par degré de maturité. L'extrémité de ce cargo de la dope regroupe le lab, les activités d'extraction, d'emballage, de séchage, d'expédition et le service comptable de cette manufacture de l'abandon -à peine plus radicale que l'industrie d'Hollywood.
Jo avait par dérision envisagé de fonder une norme comme il en existe pour les voitures ou les pompes à pétrole, l'ACI, l'American Canabis Institute comme il y a un American Petroleum Institute. Il imaginait un plan de Sativa Spontanea come logo pour répondre au derrick des pétroleurs. Il imaginait des conventions au Hilton Malibu ou à Vegas parmi les vendeurs de Buick du Texas et les cardiologues de l'Ohio. Ils sont quinze dans la vallée à cultiver de la manière la plus officielle du cannabis à fins thérapeutiques. L'état de Californie accepte dans la cadre légal de la proposition 215, la police du comté tolère sans décolérer, celle de la ville ronge son frein, tente de temps en temps de barrer l'highway 14 et de fouiller les voitures. Peine perdue, tous les acheteurs possèdent dans la boite à gant de leur cruiser un certificat médical prescrivant l'usage de cannabis. Rod le deputy shérif doit lever son barrage parce qu'il empêche les honnêtes habitants, ceux qui l'ont élu de se rendre à leur travail. Il mange son Stetson durant trois mois puis au mépris de son électorat renoue avec la tentation de l'encartage.
- Connaissez-vous beaucoup d'élus capables de préférer leurs convictions à leur réélection ?
(à suivre ...)
09:51 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
vendredi, 25 septembre 2009
12 raisons : John-John -5
Sur une étagère de l'étude les bocaux sont nommés d'après la reine. Queen Spring 88, la série des Queen Maroc le Queen Maroc 6, le Queen Maroc 7 et les suivants, jusqu'à l'apothéose du Queen Maroc 12, c'était en 92. Le Queen Stockhausen et le Queen Maui. Le Queen Maui un bulbe hirsute comme un surfeur dans son bocal de formol, une sorte de chardon vénéneux comme une pomme biblique, complexe dans sa forme et sa texture. Un Cannabis sativa sativa maui. Il valut à Queeny une dizaine d'article dans The Lancet, la revue médicale anglaise et trois fois plus de suites. En quatre-vingt dix quand les malades du sida mourraient autant de faim que de maladie pulmonaire le Queen Maui permettait de supporter les trithérapies et les poisons auquels l'époque et la maladie condamnaient les patients. Le Queen Maui, une crête d'adolescent post industriel, du bleu teintait la pointe des fleurs, une huile suave comme un baiser d'enfant, un pollen doux comme un parchemin, une fleur décapante pourtant, montée sur platform shoes tout en paillettes et en strass. Le Queen Maui réinventait aussi la lutte contre le cancer. Un article du Lancet vantait ses résultats dans certains traitements du cancer du poumon associé à de simples sulfamides un médicament inventé avant guerre ; un comble pour ce pot que certains fumaient "à la papa" entre trois feuilles saturées de goudron.
Six heures moins le quart. John-John dit l'éleveur ébroue sa torpeur. Il est temps d'effectuer une dernière ronde. Il tente de jeter son corps en avant, un sursaut mais l'âge et le moment l'engluent, il prend appuis des deux mains sur les deux accoudoirs, peste et souffle et pleure. Hausse des épaules. La pulsation sans fin du souffle des ventilos et des gicleurs l'irrite. Plus encore son ignorance de cette nuisance durant toutes ces années provoque ses regrets. Il jette un coup d'œil à sa galerie de trophés. Au fond à droite trône sa rose noire un Cannabis Sativa Maximalus G.
Découvert en 1991 pendant l'ère de Bush père alors que l'intelligence des bombes illuminaient les nuits de Bagdad, exempt de tout OGM dix ans avant l'heure, ce fruit de croisements après des centaines de générations soigne dépressions et schizophrénie mais certains dentistes l'utilisent aussi comme une alternative à l'anesthésie locale et certain dermatologues réduisent les rides à l'aide de décoctions de Sativa Maximalus G. Lucia en consommait vingt grammes par jour. Lorsqu'elle partait dans la colline elle gavait Raimond d'un mélange de Sativa Maximalus G et de Queen Maroc 9. Les imbéciles n'ont retrouvé que de la suie dans ses poumons et son estomac.
- Fucking moron.
Le Queen Maroc 9 soudait Raimond et la cavalière, la plante multipliait l'acuité de la seconde et la force de la première. L'une et l'autre auraient été recalées aux jeux olympiques mais elles ne concouraient que pour ce fragment d'éternité que contient chaque seconde sous influence.
Tandis que le Sativa Maximalus G effaçait les barreaux de leur prison terrestre.
Le Sativa Maximalus G lui apporta la notoriété. La poignée de main avec Reagan date de cette époque. Le vieil homme rongé par Alzheimer oubliait la moitié du temps le mal qu'il avait fait durant ses deux mandates. L'avis des médecins prévalut sur celui des conseillers politiques. Bush père à la maison blanche avait vu d'un mauvais œil son mentor tomber dans les griffes de l'ennemi, en même temps la dope permettait de museler l'ancien président et sa clique de conseillers.
(à suivre ...)
09:47 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
vendredi, 18 septembre 2009
12 raisons : John-John -4

Six heures moins vingt. Usuellement Johny o' 6 et Fat Pedro sont déjà au travail dans la serre. Lui debout depuis cinq heures commence alors une journée à l'étude puis au lab vers huit heures quand Queen Irma débarque. La Queen. Une aura de salsa, une chaloupe de meringue, un rire énorme né juste en dessous de ses seins même si désormais le gris de ses cheveux coupés ras et ses lunettes rectangulaires prétendent avant que son rire n'éclate, justifier le sérieux de ses deux Phd.
L'habitude invente dans la pièce condamnée à la vacuité les chants mariachi du Fatty.
- Baisse les cuivres Fatty !"
- Peux pas Boss. Faut que ça pette sinon ça rend rien !"
Ce matin seulement John-John réalise l'assourdissant souffle des ventilos de la serre. Comment a-t-il pu ignorer jusque là ce feulement continu identique au souffle du feu à vingt mètres ?
Elle l'a accompagné depuis Standford à moins que ce ne soit le contraire. Sur chacune des images du mur des souvenirs elle est le troisième homme, cet arrangeur, ce maquilleur, ce décorateur et ce metteur en scène ; cet homme au déclencheur. La colline au fond du yard lui procurait un équilibre affirmait-elle, un sens terrestre puisque leur vie au contraire tentait d'abolir toute racine, puisque la recherche de John-John conduisait vers l'éther.
Elle : - Tu les préfères.
Lui : - Non.
Lui : - Tu sais bien que non. Non.
Elle : - Je n'ai pas dis "tu les as toujours préférées". J'ai dit "tu les préfères". Présent de l'indicatif. Ma peau ressemble à une feuille en automne, encore soyeuse bientôt poussière. Tu as remarqué ? On croirait du talc. Sec. Minéral. Je te perds. Je t'ai perdu.
Elle : - ça devrait t'intéresser les feuilles non ?
Lui : - Non.
Elle : - Non quoi ? Tu ne vas pas t'en tirer comme ça. Je pars monter la jument. A mon retour il me faut un compliment de trois phrases. Non quatre pour la peine, Dear.
Saurait-il complimenter ce matin en quatre phrases la femme qu'il a aimée durant plus de quarante ans. Si elle était toujours là ?
Un haussement d'épaule, le pivot de son fauteuil grince, un grincement de cuivre du cirque à la fin du numéro.
L'optimisme radieux de Queen Irma lui manque. Lucy, Jo, Queeny, un trio infernal, une jouvence de trente ans.
(à suivre ...)
09:43 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
samedi, 12 septembre 2009
12 Raisons John-John 3a

Sur ces images -la plus ancienne date de 78- il arbore le même sourire discret sous une casquette de base-ball, celle de l'équipe de Standford promotion 72. L'ombre de la visière a ralenti le temps et son visage auprès d'Obhama au début du second mandat reste aussi poupon que lorsqu'il posait avec John Lennon. Enchâssée dans le mur d'image une fenêtre s'ouvre sur le yard, sa clôture de rondin, la croute de poussière coagulée de la colline.
Sur cette lande les moignons des eucalyptus et des chênes interrogent John-John ; plus près entre la colline et la clôture perméable le ciel de cette fin d'automne dévore le dédale d'épineux, de cactées et d'agaves demi-calcinés, ces restes d'un maquis qu'un printemps et un été tentèrent vainement de régénérer.
Le temps a plus altéré cette colline écorchée vive par le feu que les rêves de John-John, que la mémoire officielle à peine jaunie de sa galerie de portraits jumeaux, que ses souvenirs vrais et jamais publiés, que le cauchemar diurne que l'incendie de l'année dernière déclencha.
Au travers de cette lucarne ouverte sur l'instant quand l'immobilité des cadres autours de la fracture concentre des fragments de passé, il a vu en direct l'océan déborder le sommet puis fondre vers le yard, son labo, ses serres, son œuvre, sa vie en une vague de fond dont la rémanence menace désormais son futur.
Depuis un an cette fenêtre l'accuse. Il envoie chaque semaine Fat Pedro nettoyer au bruleur à gaz toute les jeunes pousses jetées par une nature aveugle. Elles obscurcissent le champ des heures de vigie à sa table de travail, elles altèrent la limpidité de sa culpabilité.
Un comble cet ordre donné à Fat Pedro, un crime contre l'œuvre de John-John.
Au-delà du yard et de la barrière de rondins la permanence de son souvenir tatoue un trapèze dont le prolongement des cotés indiquerait l'exacte mesure de l'embrasure de la fenêtre pour au final se rejoindre et le désigner. De chaque coté de cette forme un premier cycle naturel a laissé des traces vertes -le printemps cet affront aux désespérés. Elles bordent le champ de son obsession. L'aube pointe au-delà du sommet calciné, elle abandonnera John-John au doute : a-t-il vraiment choisit entre son œuvre et Lucia sa compagne partie monter Raimond ce jour d'Août 2014 mais le DA ne l'inquiète pas pour ce crime là.
(à suivre ...)
00:05 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction
mardi, 01 septembre 2009
12 raisons : John-John -1

Cinq heure trente. L'aube arrivera plus tard. Toutes les aubes. L'aube des amants quand les premiers rayons inventeront des souvenirs dans les replis des draps. L'aube des amants encore quand la puanteur des corps unis contrastera avec l'air purifié par la nuit, quand le silence soudain des amants soumettra les indigents du cœur à l'insulte et au doute. L'aube des amants toujours, le doute encore, quand elle interrogera le futur des acteurs de cette nuit.
L'aube des coyotes aussi quand sous la contrainte du premier rayon ils déserteront leurs aguets. Alors par-delà les crêtes où s'abritent ces veilleurs, l'aube des damnés de la céréale bio blanchira les highways. Dans un rien ces esclaves consentants quitteront leurs condos et s'élanceront par la première bretelle. Ici aux limites du comté de Kern ils prennent le California 14 vers le Sud puis l'I-5 South avant de rejoindre City Hall, Downtown et leur tour Chase Manhattan.
L'aube légale n'arrivera que plus tard.
Il vous demanderait de l'appeler Jo mais dans une demi-heure le deputy du sheriff du Kern County lui jettera du Jonathan E Eronovitch en lui lisant ses droits. Pour les médias il est John-John, il est surtout John-John The Breeder. Une demi-heure encore. Assis à sa table de travail John-John énumère mentalement les taches simples à accomplir durant ce dernier laps. Pas grand-chose quand il reste tant à faire.
Hier il a réglé les salaires de ses quatre employés, Queen Irma sa directrice de recherche, Fat Pedro, Johny o' 6 et Peter son comptable, assistant et directeur commercial. Il les a convoqués à seize heures après une dernière journée de travail devant un verre de jus d'orange bio des vergers de Sonoma. John-John a toujours réprouvé la consommation d'alcool. Un paradoxe.
- Folks, vous regardez les news comme moi. Je ne peux plus rien empêcher, j'ai reçu un appel d'un assistant du District Attorney. Le DA envoie les chiens demain à l'aube. Il craint pour son poste. Vous savez les électeurs ceci cela. Les salops ne m'ont pas raté.
Il a conclu en levant son verre :
- Merde à Fox News et à CNN, merci à vous pour ces années de bonheur"
(à suivre ...)
09:28 Publié dans Amour, Des histoires ..., La planète, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fiction, amour, influence, voyage, planète, rage
mercredi, 01 juillet 2009
12 Raisons Erik

à sa droite tout droit vers la chapelle et juste avant à gauche vers rochechouart le boulevard rue fontaine ses bars pigalle ses boites à gauche à deux tours de roue bastille ses banlieusards en horde devant la rive droite ses lounges pédants ses cuirs son skaï son faux champagne ses faux modèles
place de la république erik tremble de sentir tous les paris de paris vibrer sous lui
derrière lui oberkampf derrière lui oberkampf derrière lui entre lui et oberkampf cristelle-armelle-catherine combien de prénoms a-t-elle menti cette cristelle-amandine-catherine avant d'accepter ce soir de grimper à califourchon sur son vespa 80 rouge forcement rouge cette cristelle-armelle-catherine pour porter un petit casque bol juste assez court pour que la lisère révèle ses trois mèches brunes tandis que pied calé sur le frein la poignée dans le coin ou les gaz à zéro il joue une berceuse pour post adolescente
le cataplasme de l'attestation de son bac dans la poche arrière droite de son 605 répond aux poinçons brulants des seins de cristelle-arabelle-catherine au travers de son perf à chaque balancement
__________________________________________________________________
Bilan Carbonne d'un amour d'une nuit d'été, 20g, bien plus s'il y a la clim
23:36 Publié dans Amour, Des histoires ..., Fashion, La planète, Sea sex and sun | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plantète, amour, fiction, crise, vespa

